Même si l'Union européenne s'accordait sur un budget 2021-2027 plus frugal, comme le réclame la N-VA, cela représenterait un coût supplémentaire pour chaque État membre, dont la Belgique, a fait observer mardi la Première ministre Sophie Wilmès à la Chambre. 

Dans la foulée de l'échec du sommet extraordinaire des 20 et 21 février derniers sur le prochain Cadre financier plurinannuel de l'UE, la N-VA critique sur les réseaux sociaux le coût, trop élevé à ses yeux, de la proposition avancée par le président du Conseil Charles Michel, à 1,074% du revenu national brut (RNB) des 27.

Ce taux, déjà inférieur au 1,11% proposé par la Commission et bien en-deçà du 1,3% voulu par le Parlement, représenterait une charge budgétaire supplémentaire pour le fédéral d'1,14 milliard d'euros par an, selon les chiffres de Mme Wilmès. Le but reste de compenser la perte de la contribution britannique tout en finançant des politiques nouvelles (climat, numérique, migration, défense, etc.).

"La facture européenne de Michel d'1,2 milliard est impayable! La N-VA opte pour une UE plus efficace et plus économe", résume le député Sander Loones.

"Certains", a répondu la Première ministre en comité des Questions européennes de la Chambre, "plaident pour 1,05% tout en augmentant les moyens pour la recherche et l'innovation, la numérisation, la migration mais aussi pour la politique agricole commune. Mais un budget à 1,05% coûterait quand même un milliard par an en plus au fédéral qu'actuellement. C'est 146 millions euros de moins par an que la proposition du président du Conseil. Alors certes, un centime est un centime, mais peut-on vraiment parler de politique économe quand on connaît ces chiffres?"

Mme Wilmès ajoute qu'en additionnant les exigences, il serait impossible de rester dans le cadre d'un budget à 1,05%.

Pour M. Loones, M. Michel ferait mieux de réduire les moyens agricoles des grandes entreprises agro-industrielles tout en préservant "nos agriculteurs" et en investissant sur les nouvelles politiques. Il joue la carte de l'opposition entre ouest et est.

"L'impression est forte qu'avec les fonds agricoles, M. Michel est en train d'acheter le soutien des pays de l'est de l'Europe pour le cadre pluriannuel. Les Européens de l'est ne veulent pas du budget, ils veulent juste plus d'argent, pour le dire franchement", a lancé le nationaliste flamand.

Le Conseil européen doit trouver un consensus à 27. Aucune nouvelle date de réunion n'a encore été proposée, mais il est probable que les dirigeants européens reparleront du budget pluriannuel dès le sommet de fin mars.