Conjoncture

Le Premier ministre Charles Michel a invité mardi les opposants à l'accord économique et commercial global avec le Canada (CETA) à jouer cartes sur table. "Celui qui refuse le CETA, ne veut pas non plus d'un accord commercial avec la Grande-Bretagne", a-t-il indiqué en commission de la Chambre où il a évoqué les enjeux du Sommet de Bratislava qui se tient vendredi. Ce sommet sera l'occasion pour les chefs d'Etat et de gouvernement d'envisager l'avenir de l'Union européenne sans les Britanniques.

"N'attendez aucune réponse magique à la crise de confiance que traverse l'Europe. Il s'agit d'un processus qui appelle un plan opérationnel", a temporisé le Premier ministre Charles, répétant un point de vue déjà exprimé il y a quelques mois.

Selon lui, les citoyens attendent un signal de l'Europe; ils veulent savoir si la coopération européenne vaut toujours la peine et peut leur offrir une valeur ajoutée. "Nous avons besoin de résultats tangibles", a-t-il souligné.

A l'agenda de la réunion de vendredi figurent le renforcement de la sécurité européenne interne et externe, la crise de la migration et un volet économique englobant l'emploi, la croissance et les investissements.

Le député Ecolo Benoît Hellings a demandé au Premier ministre si les accords commerciaux TTIP (avec les Etats-Unis) et CETA (avec le Canada) seraient également abordés. Concernant, le TTIP, M. Michel n'a pas nié que les négociations étaient entrées dans une phase de "temporisation". Le chef du gouvernement a toutefois répété son credo en faveur de tels accords, car ils sont à ses yeux annonciateurs de plus de croissance.

Les négociations sur le CETA sont quant à elles terminées mais l'accord doit encore être ratifié. Or, beaucoup d'Etats européens sont réticents, et les majorités francophones se sont positionnées contre le texte en Belgique. Charles Michel a appelé les opposants au texte à jouer cartes sur table en indiquant clairement dès aujourd'hui qu'après le Brexit, ils s'opposeraient à tout accord commercial avec le Royaume-Uni. "Car comment défendre un tel accord si l'UE n'est déjà pas en mesure de signer celui avec le Canada", s'est-il interrogé.

Enfin, le Premier ministre a souligné que les esprits étaient en train de changer au niveau des leaders européens, en faveur d'une stratégie industrielle pour l'Europe. "L'avenir de l'Europe ne peut, selon moi, pas uniquement se concevoir à travers le développement des services". M. Michel a souligné que la Belgique plaidait depuis des années en faveur de l'introduction d'une politique industrielle européenne. "En 2014, la Commission européenne a également communiqué en faveur d'un redéploiement industriel européen. Mais cela n'a malheureusement jamais débouché sur un plan échelonné concret", a-t-il regretté.