La Première ministre Sophie Wilmès a détaillé les mesures économiques et de protection sociale décidées par la Belgique pour faire face à la crise du coronavirus.

Un état des lieux du respect des mesures a par ailleurs été effectué. Deux choses sont fondamentales et ne sont pas encore bien comprises, selon la Première ministre. "Tout d'abord, il faut savoir que l'objectif de départ, c'est que tout le monde puisse continuer à travailler: par le biais du télétravail et si ce n'est pas possible (uniquement), en respectant les règles du social distancing. Si l'entreprise ne respecte pas les mesures, elle doit fermer, a-t-elle détaillé. Le deuxième point fondamental, c'est la règle stricte sur le fait qu'il faut rester à la maison. Les sorties sont autorisées pour aller au travail ou faire ses courses ou encore pratiquer une activité physique. Mais après cela, il faut rentrer chez soi. Hors de question de flâner dans les parcs. Tout cela s'applique pour les personnes qui ne sont pas malades. Et si vous l'êtes... il faut rester chez vous".

Voici le plan socio-économique mis au point

Il se divise en trois parties: des mesures pour sauvegarder le pouvoir d'achat du travailleur, des mesures pour les indépendants et des mesures pour accompagner les entreprises dans ces moments difficiles.

1) Pouvoir d'achat des travailleurs :

"Nous avons décidé de mettre au point une seule procédure (la procédure corona) concernant le chômage économique et temporaire", a commencé la ministre Muylle. La ministre a annoncé une augmentation du plafond des indemnisations de 5,63 euros par jour. Concrètement, les gens recevront 150 euros par mois en plus de l'allocation existante.

"Nous allons instaurer un délai de paiement de deux mois pour ce qui est des taxes", a précisé Alexander de Croo.

2) Indépendants :

Les indépendants dont l’activité est interrompue ou impactée par les mesures officielles de prévention (horeca, coiffeurs, professionnels de soins, commerces non essentiels, etc.) ou qui décident de fermer durant au moins sept jours à cause de la crise, doivent prendre contact avec leur caisse d'assurances sociales pour qu’ils puissent bénéficier du revenu de remplacement pour les mois de mars et avril (1.291,69€, ou 1.614,10 € si charge de famille). Une autre mesure est extrêmement importante: la mesure qui porte sur la dispense de cotisation sociale pour les deux premiers trimestres pour celui ou celle qui le souhaite. "Pour les indépendants, au niveau des entités fédérées, il s'agit également d'appeler le niveau local à participer à l'effort. Nous invitons les communes à épauler les indépendants", a ajouté Denis Ducarme.

3) Les entreprises :

"On ne veut pas imposer, au fédéral, des mesures qui ont été prises au niveau régional. Certaines régions ont ainsi décidé de mettre au point des primes pour les entreprises qui doivent fermer", a expliqué Alexander De Croo. "Pour l' Horeca, nous leur donnons la possibilité de travailler en take-away. Nous nous assurerons que les "contrats de brasserie" qui lient les cafetiers et les brasseurs tombent pendant la crise, afin qu'ils n'aient pas à payer de pénalités", a ajouté Denis Ducarme.

Pour le secteur du voyage, les personnes qui ont réservé un paquet voyage ne récupéreront pas leur argent mais pourront avoir une garantie et pourront réorganiser un autre voyage plus tard. Pour les événements culturels également, il n'y aura pas de remboursement mais il y aura de nouvelles dates prévues. Si jamais, pour des raisons de santé ou professionnelles, une personne ne peut pas être présente à la nouvelle date, un remboursement sera possible.

Pour le budget 2020, ces mesures auront un impact d'environ 8 à 10 milliards d'euros.