Demain, en principe, le rapport du Comité de monitoring actera une nouvelle dégradation de nos finances publiques. Alors même que le Coronavirus n'a pas encore distillé ses effets néfastes sur le plan économique. La Commission européenne, ce vendredi, devrait cela dit autoriser une plus grande latitude budgétaire aux Etats-membres pour faire face à la cette crise sanitaire sans précédent.

Début février, le ministre du Budget en affaires courantes David Clarinval (MR) avait mandaté le Comité de monitoring, qui suit les recettes et dépenses de l’État, d’établir pour mars un nouveau rapport mesurant l’impact concret des nouvelles estimations macroéconomiques réalisées par le Bureau du Plan, que La Libre avait révélées (un déficit de plus 12 milliards, soit entre 2,4 et 2,5 % du PIB). Le quotidien flamand De Morgen, mercredi, avançait que le rapport du Comité de monitoring pourrait afficher un déficit aggravé de 15 milliards d’euros en 2020. Le conditionnel est de circonstance puisqu’au cabinet de David Clarinval, on nous certifie que le rapport n’est pas encore prêt, qu’il manque encore l’une ou l’autre donnée. La rumeur court même que ledit rapport pourrait même être reporté, sachant qu'une communication de l'Institut des comptes nationaux devrait avoir lieu en fin de semaine prochaine.

Cerner l'impact économique

Au Parlement aussi, ça bouge, puisque la Commission des Finances de la Chambre a acté mercredi la création d'un groupe de travail qui sera chargé d'évaluer les impacts budgétaires de la crise du coronavirus qui touche la Belgique. Sa mise en place sera en principe validée la semaine prochaine par la conférence des présidents. Cette proposition de constitution d'un groupe de travail avait été émise par Ahmed Laaouej, chef de groupe PS à la Chambre, et ac

L'objectif de ce groupe de travail mixte parlement-gouvernement, élargi aux services concernés comme le SPF Santé Publique et le Bureau du plan, sera d'évaluer les implications budgétaires de la crise du coronavirus et d'anticiper les éventuelles dépenses supplémentaires. En revanche, à bonnes sources, on nous indique que le déficit budgétaire s’aggravera, en raison des faiblesses conjoncturelles internationales notamment, mais comptes non tenus encore de la pandémie de coronavirus, dont l’impact sur l’économie ne sera sans doute pas marginal cette année. "La Belgique est pour l'instant épargnée sur le plan économique, mais on sent que tout s'accélère. On est un peu dans une phase d'attente mais il est certain qu'impact économique sur le commerce et les finances publiques, il y aura", nous explique cette source européenne. Le seuil d'un déficit de 3% du PIB se rapproche... Sur le plan européen, précisément, la Commission planche sur une série d'ajustements afin de permettre une plus grande flexibilité budgétaire.

Flexibilité budgétaire

Ce vendredi, en principe, avant l'Eurogroupe de ce lundi, la Commission devrait annoncer une série d'ajustements pour permettre aux Etats-membres de faire face à la crise du coronavirus. Pour la Belgique, cette question de flexibilité est cruciale, puisque notre déficit flirte avec le seuil de 3% du déficit par rapport au PIB. Seuil qui entraîne automatiquement une hausse de l'endettement (environ 100% du PIB en Belgique), agrégat économique qui inquiète particulièrement la Commission depuis quelques années déjà. Bref, pour la Belgique, cette question de la plus grande flexibilité permise sera scrutée avec d'autant plus d'attention que nos finances publiques sont passablement dégradées, "et que l'absence d'un gouvernement de plein exercice n'aide pas", nous explique cette source libérale.

"Il faut savoir que l'Europe prévoit déjà un certain nombre de clauses, dont la Belgique a bénéficié par le passé. Ce fut le cas avec les dépenses exceptionnelles occasionnées dans le cadre de la lutte contre le terrorisme après les attentats de Bruxelles. Elles n'intervenaient pas dans le calcul de la déviance budgétaire. Une clause du Traité prévoit aussi qu'en cas d'événement extraordinaire, hors de contrôle par les Etats-membres, une certaine flexibilité peut être de mise. Mais dans le cas de la Belgique, soyons clairs, il y a pas mal d'éléments structurels qui expliquent la dégradation des finances publiques", poursuit notre source européenne. Sous-entendu : hors effets du Coronavirus, pour l'instant marginaux. Pour l'instant...