Les députés allemands ont approuvé ce vendredi près de 180 milliards d'euros de nouvelles dettes publiques pour 2021, lors du vote du budget allemand. En raison de la pandémie de Covid-19, il déroge pour la deuxième année consécutive au cap de la rigueur. Le budget de la coalition au pouvoir, voté à 361 voix pour contre 258 au Bundestag, prévoit un total de 179,8 milliards d'euros de nouveaux emprunts pour l'Allemagne.

La crise sanitaire fait vaciller, comme en 2020, les règles constitutionnelles de "frein à l'endettement" interdisant à l'Etat fédéral d'emprunter plus de 0,35% du PIB chaque année. "Ce budget (...) montre que notre pays est suffisamment fort pour surmonter ce défi", s'est félicité le ministre des Finances Olaf Scholz.

Nouveau record d'infections au Covid-19

Face à la deuxième vague de Covid-19, l'Allemagne a adopté en novembre de nouvelles restrictions, fermant notamment bars, lieux culturels ou de loisirs et interdisant les séjours touristiques dans les hôtels. Ces mesures ont ralenti la reprise économique entamée pendant l'été, nécessitant de prolonger et amplifier les aides aux entreprises qui plombent les finances publiques.

L'Allemagne envisage désormais de fermer les commerces non alimentaires, au plus tard après Noël, faute de parvenir à juguler la pandémie. Le pays a recensé vendredi un nombre record de près de 30.000 nouvelles infections en 24h00.

Olaf Scholz : "Ce budget (...) montre que notre pays est suffisamment fort pour surmonter ce défi." © Shutterstock

Le pays devra "lutter pendant longtemps contre les conséquences économiques, sociales et sanitaires de cette pandémie", a résumé Olaf Scholz.

Le ministre de l'Economie Peter Altmaier a, lui, évoqué une augmentation du plafond des aides fédérales aux entreprises. "La politique doit agir", a-t-il justifié.

La dette publique grimpe en flèche

Les nouveaux emprunts publics de 2020 et 2021 atteindront au total 300 milliards d'euros, selon des estimations du ministère des Finances. La dette publique a déjà grimpé à 70% du PIB, soit dix points de plus que son niveau d'avant crise. Une situation qui inquiète de plus en plus en Allemagne, pays longtemps allergique à la dépense.

La chancelière Angela Merkel elle-même a affirmé dimanche que son pays ne pouvait pas maintenir un tel niveau de soutien à l'économie "indéfiniment". Les finances publiques pourraient néanmoins s'améliorer dès l'an prochain "avec la reprise de l'économie, et la levée des mesures de restriction", grâce au vaccin, estime ce vendredi dans un rapport la Banque centrale allemande.

Le gouvernement anticipe une récession de 5,5 % en 2020, avant une reprise de l'activité de 4,4 % en 2021 et de 2,5 % en 2022, soit un retour à la dynamique "d'avant crise".