L'économie belge, à l'instar de l'économie mondiale est confrontée à une crise économie d'une ampleur inédite. Avec le confinement, de nombreuses activités économiques sont aujourd'hui à l'arrêt.

Il y a encore trois mois, l'Institut de Recherches économiques et sociales (Ires, UCLouvain) prévoyait une hausse de l'activité économique d'un peu plus d'1% en 2020. Aujourd'hui, elle s'attend à ce que l'économie belge, en termes de PIB, recule de près de 4% cette année.

Les mesures prises par le gouvernement en matière de chômage temporaire permettent d'atténuer le choc mais la situation du marché du travail devrait également se dégrader. Si les mesures de confinement sont progressivement levées dans le courant du deuxième trimestre, la dégradation pourrait rester limitée et se chiffrer "par une diminution de l'emploi d'environ 22.000 unités endéans 2020 et une hausse du nombre de demandeurs d'emploi d'environ 35.000 unités", selon l'Ires.

Fin 2019, la situation économique et commerciale mondiale demeurait problématique. Les données des comptes nationaux les plus récentes indiquent que la croissance économique des pays de l'OCDE s'est affaiblie au quatrième trimestre. Malgré des faiblesses, quelques améliorations ont pu être constatées début d'année mais le déclenchement de l'épidémie a mis un coup d'arrêt brutal à la reprise qui semblait s'amorcer.

Les exportations belges de biens et services devraient accuser une baisse d'environ 7% selon l'Ires. Déjà faible en 2019, la croissance du commerce international de marchandise devrait l'être encore plus en 2020 et enregistrer son résultat le plus bas depuis la Grande Récession. C'est principalement l'affaiblissement de l'activité économique des pays voisins qui touchera sensiblement les exportations belges.

Un choc plus important qu'en 2008

L'Organisation de coopération et de développement économiques estime, dans un document publié fin mars, que le choc économique est nettement plus important que celui subi lors de la crise économique et financière de 2008-2009. L'OCDE évalue "une perte de croissance annuelle de l'ordre de 2% en moyenne pour les pays membres" pour chaque mois de confinement. Le FMI, de son côté, estime cette perte "à trois point de croissance annuelle" pour les pays de la zone euro. 

L'Institut se montre néanmoins très prudent, soulignant qu'"une très grande incertitude" entoure ses prévisions. "La crise du Covid-19 constitue un événement évolutif et sans précédent et, à ce jour, hormis les données d'enquête de conjoncture, aucune donnée tangible ne permet encore d'évaluer l'ampleur de l'impact économique."

Le scénario retenu par l'Ires repose sur l'hypothèse que, à l'instar de ce qui s'est passé en Chine, la propagation du virus pourra être stoppée au terme d'une période de confinement de six à huit semaines. Il prévoit dès lors une reprise graduelle de l'activité économique durant la seconde partie de 2020.

Toute reprise économique durable ne sera possible que si toutes les mesures sont prises pour éviter une seconde vague de contamination, estime encore l'Ires.