Les Etats membres de l'Union européenne ont définitivement approuvé lundi des mesures permettant de libérer des fonds européens pour la lutte contre le coronavirus et ses effets économiques. 

Parmi elles, la création de l'initiative d'investissement annoncée le 10 mars, visant à mobiliser 37 milliards d'euros au bénéfice des citoyens, des systèmes de santé et des PME en difficulté. La Belgique est le seul Etat membre à s'être abstenu. L'initiative d'investissement annoncée assez rapidement par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, au début de la crise en Europe se base sur près de 8 milliards d'euros de préfinancement de Fonds structurels et d'investissement européens, qui n'ont pas été utilisés par les Etats membres l'an dernier et auraient dû être remboursés en ce début d'année 2020.

Les Etats vont pouvoir cette fois garder ces sommes, pour les rediriger vers un soutien au marché du travail, aux PME et aux soins de santé, dans le cadre de la crise du coronavirus. Un cofinancement issu du budget de l'UE, d'environ 29 milliards d'euros, s'y ajoute pour aboutir à une capacité d'investissement de 37 milliards.

La Belgique s'abstient 

On apprenait lundi de source bien informée que la Belgique est le seul pays à ne pas avoir soutenu la proposition, au moment de l'approuver définitivement. Le pays s'est abstenu car les entités fédérées ne sont pas sur la même longueur d'onde à ce sujet. On imagine que la N-VA, qui a déjà critiqué la répartition des fonds disponibles à l'intérieur du pays, et dont les eurodéputés s'étaient abstenus lors du vote au Parlement la semaine passée, n'était pas d'accord d'exprimer un feu vert clair.

L'"enveloppe" de 8 milliards bénéficiera d'abord à l'Espagne et à la Pologne, mais comprend aussi 36,7 millions pour la Belgique, dont 6,5 millions devraient bénéficier à la Flandre, 16 à la Wallonie, 4,3 à la Région bruxelloise et 9,6 à la Fédération Wallonie-Bruxelles.

L'initiative d'investissement liée au coronavirus se base sur les fonds issus de la politique de Cohésion de l'UE, qui sont distribués selon une clé de répartition bien précise, de manière à favoriser l'investissement dans les régions les moins bien loties ou là où les besoins se font sentir.

Parallèlement, les Etats membres ont approuvé lundi l'extension du Fonds de solidarité de l'UE aux urgences de santé publique.

Les deux mesures ont connu un parcours législatif accéléré et entreront en vigueur le 1er avril.