"En 2019, les banques européennes ont provisionné 80 milliards d'euros, afin de faire face à des potentielles pertes sur créances. Accenture estime qu'elles devront provisionner entre 265 et 335 milliards d'euros supplémentaires par rapport au niveau de 2019 pour couvrir les abandons potentiels de créances irrécouvrables, en fonction de la gravité de la crise sanitaire de Covid-19", écrit le cabinet.

Dans son rapport, Accenture prévoit qu'au niveau mondial, les banques devront provisionner "entre 2% et 2,4% de leurs portefeuilles de crédits, afin de couvrir les pertes attendues en matière de prêts impayés - soit près du double des abandons de créances enregistrés lors de la crise financière mondiale de 2008".

Cela étant, la situation devrait différer sensiblement d'un pays à l'autre, "en fonction de leur niveau d'engagement dans des programmes de soutien et de relance de l'économie, mais aussi en fonction de la gravité de la crise sanitaire du Covid-19 qui les touche", est-il précisé.

Ainsi, au Royaume-Uni, un crédit immobilier sur six et 1,5 million de cartes de crédit et de prêts à la consommation bénéficient de suspensions de remboursement. Aux États-Unis, environ 9% des prêts immobiliers bénéficient de reports d'échéances depuis juin. En France, plus de deux millions de clients ont bénéficié d'un moratoire sur leurs crédits dont plus de 80% sont des entreprises et professionnels, détaille le rapport.

"Les banques vont jouer un rôle central en vue d'absorber l'impact économique de cette pandémie mondiale et d'accélérer la reprise pour toutes les entreprises et aussi les particuliers", explique Fabrice Asvazadourian, analyste chez Accenture, cité dans un communiqué.

"Avec l'arrêt progressif des programmes publics de soutien des entreprises et des particuliers, c'est aux banques qu'il va incomber de mobiliser des capitaux supplémentaires pour absorber les défauts de crédit et continuer à financer l'économie", ajoute-t-il.

Dans une économie de plus en plus dépendante de la dette, les banques devront ainsi faire face à la gestion de leurs portefeuilles existants, tout en assurant l'octroi de nouveaux crédits.

"Cela risque de générer des niveaux record d'endettement public et privé au niveau mondial (...) ce qui, à terme, pourrait compromettre la capacité des entreprises et des ménages à rembourser leurs dettes", s'inquiète le rapport.