Le Ministère public de la confédération suisse (MPC) met en accusation Credit Suisse dans une affaire de trafic de stupéfiants et de blanchiment d'argent commis par une organisation criminelle bulgare, a-t-il annoncé jeudi. La banque n'aurait pas pris toutes les mesures de précaution nécessaires. Le MPC a déposé son acte d'accusation auprès du Tribunal pénal fédéral suisse au terme d'une vaste enquête sur les affaires d'une importante organisation criminelle bulgare en Suisse. Une ex-gestionnaire de Credit Suisse et deux membres de l'organisation sont également renvoyés devant le tribunal.

La banque convaincue de son innocence et de celle de son employée

Credit Suisse est accusée de ne pas avoir pris toutes les mesures d'organisation raisonnables et nécessaires visant à empêcher le blanchiment de valeurs patrimoniales appartenant à et sous contrôle de cette organisation criminelle, active dans le trafic international de stupéfiants et le blanchiment d'argent.

La banque helvétique a pris connaissance avec "étonnement" de la décision. Elle rejette fermement les prétendues lacunes organisationnelles. Dans un communiqué, le géant zurichois se dit également convaincu de l'innocence de son ex-employée.

Credit Suisse estime risquer, outre une confiscation de gain, une amende maximale de 5 millions de francs dans ce type de procédure.

La structure criminelle était dirigée depuis le début des années 2000 et au moins jusqu'en 2012 par un lutteur bulgare, révèle le MPC. Durant cette période, le protagoniste, depuis condamné à de lourdes peines, a organisé l'importation de plusieurs dizaines de milliers de tonnes de cocaïne depuis l'Amérique du Sud vers l'Europe grâce à des "mules".

Le produit de la vente des stupéfiants était ensuite déposé en Suisse sur des relations bancaires sous contrôle de l'organisation criminelle. Cet argent était injecté dans le circuit économique légal.

Les trois personnes physiques sont accusées pour leur part de blanchiment d'argent aggravé.