De nouvelles fuites de documents éveillent les soupçons envers des résidents belges qui auraient fait appel à l'île de Man et une fiduciaire britannique pour des transactions financières nébuleuses, révèlent samedi Le Soir, De Tijd et Knack. Les trois titres de presse ont pu analyser les données récoltées grâce à la collaboration de l'Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP) et du collectif Distributed Denial of Secrets.

Installées sur l'île de Man, un refuge fiscal à moins de 50 kilomètres des côtes anglaises, la Cayman National Bank Limited et la Cayman National Trust Company Limited sont deux filiales de la Cayman National Corporation, ancrée, elle, dans les Caraïbes. Ce sont les deux sociétés mannoises qui le 18 novembre, ont concédé avoir été victimes d'un piratage informatique: deux tétrabits de données ont été copiés et publiés sur internet, dont les noms et les adresses des titulaires de 3.800 comptes bancaires. Cette intrusion informatique serait à mettre au compte de du hacker-activiste Phineas Fisher.

Les données ont été repérées par l'inspection fiscale belge et sécurisées par le Bisc (Belgian internet service center). Une dizaine de Belges et un Néerlandais ont déjà été identifiés, selon le fisc.

D'après les analyses du groupe de médias, une dizaine de résidents belges figurent effectivement dans les listings de la banque mannoise, sans qu'il soit possible à ce stade de préjuger de la légalité ou de l'illégalité de leurs activités et transactions.