La Commission européenne a décidé de la mise en place d'une réserve d'ajustement de 5 milliards d'euros pour les 27 Etats membres de l'Union européenne. Le but : amortir le choc du Brexit. Car même avec la signature in extremis d'un accord commercial, la Commission rappelle que "sur les plans économique, commercial et social, il y a une forte interdépendance entre le Royaume-Uni et l'Union européenne", construite au fil "de plusieurs décennies de coopération rapprochée".

C'est dans cet optique que cet ajustement a vu le jour, afin de venir en aide "aux nombreux secteurs économiques, et en particulier aux entreprises ayant une forte présence au Royaume-Uni et qui, à la fin de la période de transition, devront faire face à des complications résultant d'un accès au marché britannique rendu moins aisé."

Elle précise enfin que "l'un des secteurs qui sera le plus touché sera celui de la pêche, à la suite des limitations des activités [précisées dans l'accord commercial]."

La Belgique, 5e plus gros bénéficiaire

L'enveloppe de 5,37 milliards sera distribuée en deux tranches. Une première à hauteur de 4,244 milliards en 2021, une deuxième d'1,126 milliard en 2024. Sur Twitter, la commissaire portugaise à la Cohésion, Elisa Ferreira, a publié un tableau indiquant la part envisagée pour chacun des membres de l'Union européenne.


Sans grande surprise étant donné les critères pris en compte, c'est l'Irlande qui sera le bénéficiaire principal de cette réserve d'ajustement, avec un peu plus d'un milliard d'euros. Elle est suivie par les Pays-Bas (757,4 millions), l'Allemagne (455,4 millions), la France (420,8 millions) et enfin la Belgique (324,1 millions).


Cette répartition doit toutefois encore être approuvée par les Vingt-Sept et le Parlement européen, et sera au cœur d'une réunion des ambassadeurs ce mercredi.

La distribution de ces fonds tient compte "de l'importance du commerce avec le Royaume-Uni et de l'importance de la pêche dans la zone économique exclusive du Royaume-Uni", détaillait encore la Commission le 25 décembre.

Grâce à l'accord commercial trouvé le 24 décembre, l'UE et le Royaume-Uni continuent les échanges sans quotas ni droits de douanes. "Mais il n'évite pas de nouveaux coûts et formalités administratives pour les entreprises européennes faisant des affaires avec le Royaume-Uni. L'accord prévoit également une réduction de 25% des quantités de poissons que les pêcheurs européens pourront capturer dans les eaux britanniques d'ici cinq ans. La pêche a d'ailleurs constitué un point de friction majeur dans les négociations commerciales", rappelle l'AFP.