Le secteur viticole français subit de plein fouet la crise du coronavirus, avec les fermetures des bars, des restaurants et l'absence de touristes dans l'Hexagone pendant de longues semaines. Les prix du millésime 2019 des vins de Bordeaux n'ont ainsi pas pu être évalués, et les grands crus n'ont donc pas pu être achetés en temps et en heure avant leur mise en bouteille, selon l'habituel protocole.

L’État français a établi un plan de sauvetage du secteur, approuvé le mois dernier par l'Europe. Ce jeudi, la Commission européenne a autorisé la France à soutenir davantage ses vignerons, en augmentant le volume de vin qui fera l'objet d'une distillation de crise.

En clair, 3,3 millions d'hectolitres de vin vont être retirés du marché français, ce qui devrait permettre de libérer des capacités de stockage, de rétablir l'équilibre entre l'offre et la demande et d'éviter un effondrement des prix.

Sur base volontaire, les producteurs de vin pourront vendre leurs invendus à des distilleries, au prix de 83 euros par hectolitre de vin portant une appellation d'origine protégée ou une indication géographique protégée et à 63 euros par hectolitre pour les vins sans appellation.

Ces vins seront alors transformés en alcool utilisé à des fins industrielles, y compris la désinfection, ou à des fins pharmaceutiques ou énergétiques, précise la Commission européenne. Un crève-cœur, sans doute, pour les amateurs de grands crus...