Furieux, son allié historique a immédiatement dénoncé une mesure "inacceptable" et prévenu qu'il imposerait "rapidement" des mesures de rétorsion d'une valeur équivalente, comme il l'avait fait deux ans plus tôt.

"J'ai signé une proclamation qui défend l'industrie américaine en réimposant des tarifs douaniers sur l'aluminium au Canada. Le Canada profitait de nous, comme d'habitude", a déclaré le président américain lors d'une intervention dans une usine de fabrication de machines à laver Whirlpool à Clyde, dans l'Ohio.

Il avait renoncé, en mai 2019, à de précédents droits de douane à condition que le Canada "n'inonde pas notre pays de leurs exportations et ne détruisent pas tous nos emplois dans le secteur de l'aluminium", a-t-il rappelé.

Mais "les producteurs canadiens d'aluminium ont brisé cet engagement", a affirmé le locataire de la Maison Blanche. Quelques heures plus tard, la vice-Première ministre canadienne Chrystia Freeland a vivement condamné une décision "injustifiée et inacceptable".

"En période de pandémie mondiale et de crise économique, la dernière chose dont les travailleurs canadiens et américains ont besoin est l'imposition de nouveaux tarifs douaniers qui augmenteront les coûts pour les fabricants et les consommateurs et qui nuiront à la libre circulation des échanges commerciaux et aux économies des provinces et des États", estime Mme Freeland, qui avait renégocié l'Alena pour le compte du Canada.

"En réponse aux tarifs douaniers américains, le Canada a l'intention d'imposer rapidement des contre-mesures de valeur égale", conclut la N.2 du gouvernement canadien, sans plus de précision sur la nature de ces mesures de rétorsion.

"On défendra toujours nos travailleurs de l'aluminium", a immédiatement renchéri le Premier ministre Justin Trudeau sur Twitter.

Selon le texte de la proclamation présidentielle américain, les importations d'aluminium canadien entre juin 2019 et mai 2020 ont augmenté de 87% par rapport aux douze mois précédents. Cette envolée "menace la production d'aluminium américaine", affirme le document.

"J'ai déterminé que les mesures convenues avec le Canada ne sont pas suffisamment efficaces pour remédier à la menace que les importations d'aluminium en provenance du Canada font peser sur notre sécurité nationale", y écrit le président.

"L'aluminium canadien ne compromet pas la sécurité nationale des États-Unis", lui a répondu Mme Freeland. "L'aluminium canadien renforce la sécurité nationale des États-Unis depuis des décennies dans le cadre d'une coopération inégalée entre nos deux pays."

La Chambre américaine du Commerce a rapidement critiqué la décision de Donald Trump, affirmant qu'elle allait "augmenter les coûts pour les fabricants américains", que "la plupart des producteurs américains d'aluminium" s'y opposaient et qu'elle allait "générer des mesures de rétorsion contre les exportations américaines".