Un procureur d'Istanbul a requis des peines de prison ferme pour trois ressortissants turcs accusés d'avoir aidé Carlos Ghosn, l'ancien patron de l'alliance Renault-Nissan, dans sa fuite rocambolesque du Japon fin 2019.

Carlos Ghosn, accusé au Japon de malversations financières, a fui le pays à bord d'un jet privé appartenant à une compagnie turque qui s'est posé à Istanbul, avant de se rendre au Liban où il a trouvé refuge.

Un haut responsable de la compagnie de location de jets privés MNG Jet, quatre pilotes et deux hôtesses de l'air, soit sept ressortissants turcs au total, sont jugés depuis juillet dernier devant un tribunal d'Istanbul.

Ce mercredi, le procureur a requis de la prison ferme contre le responsable de MNG Jet, Okan Kösemen, et deux des pilotes, Noyan Pasin et Bahri Kutlu Sömek, pour "trafic de migrants en bande organisée", un délit passible de 12 ans de prison, selon une journaliste de l'AFP présente au tribunal.

Il a estimé que les deux autres pilotes devraient être poursuivis pour "non-dénonciation d'un délit" et demandé l'acquittement des deux hôtesses.

Emballé dans une caisse prévue pour un instrument de musique

La procédure judiciaire turque a permis de mettre en lumière les conditions spectaculaires de la fuite du magnat déchu âgé de 66 ans, détenteur de trois nationalités (française, libanaise et brésilienne).

Selon les enquêteurs, le fugitif a effectué le trajet entre Osaka (ouest du Japon) et Istanbul caché dans un volumineux caisson pour instrument de musique dans lequel 70 trous avaient été percés afin de lui permettre de respirer.

D'après le procureur turc, deux complices présumés de M. Ghosn, Michael Taylor, ancien membre des forces spéciales américaines, et George-Antoine Zayek, un ressortissant libanais, ont "recruté" M. Kösemen, le cadre inculpé de la compagnie turque MNG Jet, pour assurer le transit sans encombre à Istanbul.

Selon l'acte d'accusation, le jet privé s'est posé à l'aéroport Atatürk à Istanbul, puis M. Ghosn est monté à bord d'un second appareil qui a décollé pour Beyrouth.

Les autorités turques accusent M. Kösemen d'avoir reçu plusieurs virements pour un montant total supérieur à 250 000 euros dans les mois qui ont précédé la fuite de M. Ghosn.

L'avocat de M. Kösemen a réclamé mercredi l'acquittement de son client. Le procès a été ajourné au 24 février.