L'homme le plus riche de Hong Kong va faire un don de 128 millions de dollars aux entreprises de l'ex-colonie britannique secouée par une vague de manifestions sans précédent, a annoncé vendredi sa fondation.

Le territoire semi-autonome traverse depuis juin sa pire crise politique depuis sa rétrocession à Pékin en 1997, avec des actions quasi quotidiennes, et des confrontations de plus en plus violentes entre forces de l'ordre et manifestants au visage masqué.

Cet homme d'affaires de 91 ans a précisé que l'argent est destiné aux petites et moyennes entreprises et qu'il sera distribué en partenariat avec le gouvernement hongkongais.

Ce don intervient alors que l'économie de cette place financière fait face à "des défis sans précédent", a indiqué la fondation du milliardaire dans un communiqué.

Quatre mois de manifestations ont secoué l'économie hongkongaise déjà fragilisée par la guerre commerciale entre Washington et Pékin.

Les ventes au détail ont connu une chute de 23% en août sur un an, après 11,5% en juillet.

Accusé en septembre

Li Ka-shing a été accusé le mois dernier par la Commission centrale chinoise des affaires politiques et juridiques "de nourrir la criminalité" après avoir publié en août une série d'encarts dans la presse, appelant à mettre fin à la violente crise politique.

D'autres commentaires de sa part sur la crise ont été interprétés comme étant favorables aux revendications des manifestants pro-démocratie.

Ces remarques tranchaient avec celles d'autres magnats qui avaient soutenu sans réserve les dirigeants pro-Pékin de Hong Kong, à travers des encarts.

Le milliardaire avait clarifié quelques jours plus tard que ses déclarations avaient été mal interprétées et condamné toute action pouvant constituer une violation de la loi.

Oligarque influent

Le magnat nonagénaire fait partie du club extrêmement influent des oligarques de Hong Kong du XXe siècle, ayant bâti notamment son empire sur le marché immobilier, réputé pour ses prix très élevés.

Il a beaucoup investi en Chine dans les années 1990, courtisant les dirigeants communistes de Pékin alors que la nation commençait à émerger comme superpuissance économique.