A partir d'avril 2020, l'enquête mensuelle de la Banque nationale de Belgique (BNB) auprès de 1850 consommateurs a été enrichie de deux questions supplémentaires, destinées à mesurer l'impact de la crise sanitaire sur la situation financière des ménages. L'analyse des informations récoltées vient d'être publiée.

Tout d'abord, l'étude montre que l’indicateur de confiance des consommateurs a chuté en mars-avril 2020, de manière encore plus significative que lors de la crise financière de 2008. Son redressement a également été accidenté en raison des mesures sanitaires évolutives, de l'état de la contagion ou des vaccins.

Par ailleurs, concernant le revenu des ménages, même si certaines catégories de personnes ont lourdement souffert de la crise, environ huit ménages sur dix n’ont pas subi de pertes de revenus ou seulement des pertes limitées à 10 %.

L’une des explications réside dans les revenus garantis, des pensionnés ou allocataires sociaux par exemple. Côté population active, une bonne partie des employeurs ont su faire preuve d’adaptabilité afin de relancer tout ou partie des activités. Les phases de déconfinement ont aussi permis de limiter les pertes, tandis que les mesures compensatoires mises en place par les autorités, jusqu’à présent, à absorber une partie du choc de manière structurelle.

Les revenus modestes plus touchés

Il est clair aussi que les ménages à revenus modestes ont davantage souffert, même en cas de perte de revenus limitée. En effet, la perte de revenus est d’autant plus facile à supporter que le ménage dispose d’un coussin d’épargne conséquent.

En outre, il ressort que plus d’un ménage sur deux dispose d’un coussin d’épargne lui permettant de couvrir plus de six mois de dépenses courantes. À l’opposé, un ménage sur dix dispose d’une épargne très courte, à peine suffisante pour tenir un mois. En cas de perte de revenus, cette catégorie de ménages est donc particulièrement vulnérable. Ce risque de précarité, lié à de faibles réserves financières, est le plus prégnant chez les personnes inactives (à l’exception des pensionnés). Parmi la population qui a subi des pertes de revenus supérieures à 10 %, on note aussi un épuisement du coussin d’épargne. 

En conclusion, les résultats de l’enquête montrent qu’une partie de la population a très largement été préservée financièrement des effets néfastes de la crise. Dans le même temps, certaines catégories socio-professionnelles ont été plus lourdement touchées mais, globalement, la situation ne s’est pas aggravée au fil du temps.