Les 75 millions d'euros supplémentaires qu'Infrabel s'est récemment vu allouer par le gouvernement fédéral pour 2021 (plan Boost), en guise de premier rattrapage dans les investissements ferroviaires, seront entièrement consacrés au renouvellement d'infrastructures et ce, au bénéfice tant des clients de la SNCB que des opérateurs marchandises, a annoncé le gestionnaire du réseau. 

Dans cette enveloppe de 75 millions d'euros, 27,6 millions sont prévus pour la Wallonie, 41,4 millions pour la Flandre et 6 millions pour Bruxelles. Elle va permettre de renouveler graduellement de nombreux éléments d'infrastructure dont la durée de vie optimale était dépassée. En effet, "en raison de moyens limités, et malgré de gros efforts de productivité de la part d'Infrabel, le réseau ferroviaire belge s'est fortement dégradé ces dernières années", reconnaît le gestionnaire du réseau ferroviaire.

Le conseil d'administration d'Infrabel a approuvé ce lundi les choix posés selon deux axes directeurs : la sécurisation/modernisation du réseau ainsi que l'amélioration de l'accueil et de l'accessibilité.

Les lignes de Cuemes, Soignies, Jambes ou encore Bertrix concernées

Ainsi, en Wallonie, la priorité absolue a été accordée au maintien de deux lignes dont la survie, sans investissements urgents, était menacée à court terme. Il s'agit des portions "Bomal-Marloie" (ligne 43) et d'une des deux voies entre Cuemes et Quévy (ligne 96). Parallèlement, plusieurs "ART" (limitations temporaires de la vitesse des trains) vont pouvoir être évités, notamment entre Braine-le-Comte et Soignies (L96), entre Jambes et Lustin (L154), entre Jemeppe-sur-Sambre et Gembloux (L144) ou encore sur les lignes 166 et 165 (tronçons Paliseul-Bertrix et Bertrix-Florenville).

Pour ce qui concerne l'accueil des voyageurs, les moyens seront alloués à des rehaussements de quais et au renouvellement de systèmes informatiques supportant l'affichage dans les gares.

A Bruxelles, les six millions d'euros iront au renouvellement d'aiguillages dans le grill de la gare de Bruxelles-Midi ou au renouvellement de voies et de ponts métalliques sur la ligne 28 (périphérique Ouest de Bruxelles).

Par ailleurs, une partie substantielle des moyens supplémentaires va permettre de moderniser les infrastructures ferroviaires dans les ports d'Anvers (entre autres du renouvellement d'installations de triage) et de Gand. Des investissements seront également consentis dans des raccordements industriels au bénéfice de clients comme Nyrstar et Disteel.

Plus de 100 millions pour les travaux du RER

Les 75 millions du plan Boost vont permettre à la dotation d'investissement d'atteindre 894,2 millions d'euros en 2021, rappelle Infrabel. A ces montants viennent s'ajouter les fonds prévus dans le cadre du Plan stratégique d'investissement pluriannuel (PSPI) à hauteur de 169,5 millions d'euros, dont 103,3 millions seront affectés aux travaux du RER.

"Après des années budgétaires difficiles pour le rail belge, il est plus que nécessaire de réinvestir, si on veut réaliser les objectifs fixés dans l'accord de gouvernement : un train plus attractif et plus accessible pour les voyageurs, des marchandises davantage transportées. C'est l'objet du plan Boost, qui doit se déployer sur plusieurs années", souligne pour sa part le ministre fédéral de la Mobilité, Georges Gilkinet, cité dans un communiqué.