Près de 500 jours après les élections, un nouveau gouvernement fédéral a enfin pu être formé et c’est heureux. C’est heureux parce que le pays fait face à un rebond de la pandémie de Covid et a déjà beaucoup souffert sur les plans sanitaire et économique ces derniers mois. Le monde des entreprises aussi, même si c’est à géométrie variable.

Situation précaire des entreprises

Mais la Feb, encore elle, avec le concours du bureau d’études Graydon, avait mis en lumière il y a quelques semaines le fait qu’une entreprise sur six était encore en "risque de faillite" et que les problèmes encore bien prégnants de liquidités ne devaient pas (trop) se transformer en problèmes de solvabilité. Éviter les faillites au maximum, c’est préserver l’emploi et l’activité. La coalition Vivaldi l’a bien compris. Et, dans son plan de relance, prévoit de faire coexister des mesures de soutien, encore nécessaires, et des mesures à plus long terme, plus structurelles, destinées à stabiliser la situation sur le front financier. Et donner une vraie chance à la relance.

Réduire les bénéfices passés avec les pertes "corona"

Une des premières mesures annoncées, qui avait déjà été discutée dans le cadre des travaux de l’ERMG, est de mettre en place une réserve de reconstruction pour les entreprises. Simplement, pour les exercices 2022, 2023 et 2024, l’idée de cette réserve est de permettre aux sociétés d’exonérer une partie de leurs bénéfices en les comptabilisant dans une réserve de reconstruction exonérée. Autrement dit, de reporter les pertes de ces années sur les bénéfices réalisés avant. Ce qui diminue globalement l’impôt dû, donc. Et de se garder de l’argent frais pour l’avenir, afin de participer réellement à la relance (et d’investir, surtout). Deux grandes conditions tout de même : "il doit exister un lien avec l’emploi", dit la note, et "ne pas être actif dans des paradis fiscaux".

Par ailleurs, s’appuyant sur les travaux réalisés dans le cadre de la "suédoise", la Vivaldi va dynamiser les investissements publics. Le niveau des investissements publics, qui s’érode depuis des années, est à 2,6 % de notre produit intérieur brut (PIB) actuellement. L’objectif est de le porter à 4 % d’ici à la fin 2030. Des investissements forcément productifs, c’est-à-dire qui ont un effet durable sur la croissance à long terme. Et des investissements forcément concertés avec les Régions. "La concertation sera lancée dès que possible", promet l’exécutif, pour qui le plan de relance doit aussi, forcément, s’arc-bouter sur le fonds de relance et le Green Deal européens. L’enjeu n’est pas mince : il s’agit non seulement de relancer l’économie, mais aussi de la relancer suffisamment pour augmenter notre productivité, en panne depuis quelques années, et qui reste pour les "vivaldiens" la meilleure arme "pour financer les défis de demain sur les plans social, économique et environnemental".

Épargne privée à mobiliser

Cela dit, la relance se fera aussi via la stimulation de l’investissement privé. Afin de stimuler les investissements productifs, la déduction majorée pour investissements sera prolongée de deux ans. La mobilisation de l’épargne privée est aussi au programme. "Le gouvernement examine aussi la possibilité d’encourager l’activation de l’épargne dans des projets durables et écologiques, avec un meilleur rendement que celui des comptes d’épargne. On pense par exemple à un système de banques vertes", dit la note. Mais on cherche toujours à savoir ce qui se cache derrière le concept de banque verte…