Alors que les ressortissants nippons sont simplement invités à observer 15 jours de quarantaine à leur retour au pays, les résidents étrangers au Japon ne sont pas autorisés à revenir s'ils en étaient sortis, sauf dans certains cas "humanitaires" (urgence familiale, etc.) devant être dûment justifiés.

Beaucoup de résidents étrangers n'osent pas non plus sortir de l'Archipel, de peur de ne pouvoir y rentrer avant des mois. Le Japon interdit actuellement son accès aux ressortissants de 129 pays.

Cette politique de deux poids, deux mesures, unique parmi les pays du G7, constitue une "sérieuse entrave pour beaucoup de nos membres et leurs familles", a souligné lors d'une conférence de presse à Tokyo Christopher LaFleur, président de la Chambre américaine de commerce au Japon.

"Cela va certainement avoir un impact" sur l'image et l'attractivité économique du Japon car cela engendre de "l'imprévisibilité" pour beaucoup d'entreprises étrangères, a aussi estimé Michael Mroczek, président du Conseil européen des affaires (EBC) au Japon.

"Des projets (d'investissement, NDLR) sont suspendus parce que des experts ne peuvent pas se rendre au Japon. Des dirigeants de sociétés étrangères implantées ici sont bloqués à l'extérieur. Et certaines entreprises s'estiment lésées par rapport à leurs concurrentes nippones, dont les représentants peuvent eux voyager et conclure des marchés", a énuméré M. Mroczek.

Les craintes des autorités japonaises sont "compréhensibles", a tempéré M. LaFleur, alors que le pays fait actuellement face à une deuxième vague du Covid-19, notamment à Tokyo où plus de 200 nouveaux cas quotidiens sont régulièrement enregistrés depuis une dizaine de jours.

Mais "il serait dans le propre intérêt du Japon" d'autoriser ses résidents étrangers à voyager dans les mêmes conditions que ses ressortissants, a-t-il ajouté.

"Nous allons progressivement autoriser le retour" des résidents étrangers, à condition notamment qu'ils passent au préalable des tests virologiques de dépistage du Covid-19, a déclaré mercredi le Premier ministre Shinzo Abe à l'issue d'une réunion sur la situation sanitaire dans le pays.

Le Japon va toutefois d'abord négocier avec 12 pays asiatiques dont la situation sanitaire est jugée "stable" et donner la priorité à leurs ressortissants "indispensables" pour les affaires, a prévenu M. Abe.