Joe Biden a signé deux nouveaux décrets pour venir en aide aux porte-monnaies américains, largement dégarnis par la crise liée à l'épidémie de Covid-19. "Nous devons agir maintenant [...] Nous ne pouvons pas, nous ne voulons pas, laisser les gens souffrir de la faim", commente le 46e président des Etats-Unis tout juste investi.

M. Biden a déjà proposé au Congrès un plan d'aide de 1 900 milliards de dollars, mais il n'est pas certain qu'il obtienne suffisamment de soutien républicain pour être adopté sur une base bipartite. Alors, en attendant, les actions du président sont conçues comme des mesures palliatives visant à stabiliser l'économie.

Améliorer l'aide alimentaire

Le premier décret signé vendredi concerne l'aide alimentaire fédérale. Joe Biden demande en effet au Département américain de l'Agriculture (USDA) d'autoriser les États à augmenter de 15 % les prestations du programme d'assistance nutritionnelle supplémentaire (SNAP), appelé "food stamps".

Car même si le Congrès a récemment adopté un projet de loi d'aide d'un trillion de dollars qui a augmenté de 15 % le montant maximum des prestations du SNAP, cette opération n'a pas concerné les 40 % de bénéficiaires de l'aide qui avaient déjà atteint le montant maximum. L'ordonnance de M. Biden demande donc à l'USDA "d'envisager de publier de nouvelles directives qui permettraient aux États d'augmenter les allocations d'urgence du SNAP pour ceux qui en ont le plus besoin". Cela signifierait que 12 millions de personnes en plus bénéficieraient de prestations améliorées.

L'ordonnance augmenterait également Pandemic-EBT, un programme de carte de débit électronique pour les étudiants qui donne le droit à des repas gratuits ou à prix réduits sur leur lieu d'études. Joe Biden souhaiterait augmenter ce programme d'environ 15 %. Selon la Maison Blanche, cela pourrait permettre à une famille de trois enfants de bénéficier d'une aide supplémentaire de 100 dollars par mois.

En outre, l'augmentation des prestations du SNAP est censée apporter un soutien global à l'économie américaine. En effet, dans le contexte actuel, toujours plus de personnes ont tendance à s'inscrire au SNAP. Ces personnes dépensent ensuite cette aide fédérale, qui génère à son tour des revenus pour ceux qui produisent, transportent et vendent la nourriture. Une analyse réalisée en 2019 par le service de recherche économique de l'USDA a révélé qu'une augmentation d'un milliard de dollars des prestations du SNAP pourrait accroître le produit intérieur brut (PIB) du pays de 1,54 milliard de dollars, et soutenir près de 14 000 emplois.

Davantage de chèques directs

Par ailleurs, l'objectif du nouveau président des Etats-Unis est de rationaliser l'acheminement des chèques de relance pour ceux qui n'ont pas encore reçu leurs paiements directs. Le mois dernier, le Congrès a bien adopté un projet de loi visant à octroyer 600 dollars de paiements directs aux Américains dont les revenus sont inférieurs à un certain seuil. Mais Joe Biden est favorable à l'augmentation des paiements à 2 000 dollars, et demande ainsi au Congrès d'adopter une loi prévoyant des chèques directs supplémentaires de 1 400 dollars.

Enfin, le 46e président américain a publié un second décret, visant quant à lui à améliorer le pouvoir de négociation et la protection des travailleurs fédéraux. Ainsi, il charge l'Office of Personnel Management, agence indépendante du gouvernement des États-Unis responsable de la fonction publique, d'élaborer des recommandations pour porter le salaire minimum des employés fédéraux - qui est aujourd'hui de 7,25 dollars de l'heure - à 15 dollars de l'heure.