Le géant pétrolier Saudi Aramco a annoncé mercredi qu'il envisageait d'augmenter sa capacité de production de pétrole d'un million de barils (de 159 litres) par jour (bpj) pour la porter à 13 millions bpj, alors qu'une guerre des prix s'intensifie avec la Russie. "Saudi Aramco annonce avoir reçu une directive du ministère de l'Energie visant à augmenter sa capacité maximale durable de 12 à 13 millions bpj", a déclaré l'entreprise publique dans un communiqué publié sur le site internet de la Bourse saoudienne.

Mardi, le premier exportateur mondial de brut avait déjà décidé d'augmenter sa production d'au moins 2,5 millions de bpj pour atteindre un niveau record de 12,3 millions bpj à partir d'avril.

Les nouvelles mesures saoudiennes interviennent après l'échec d'un accord de réduction de la production pétrolière entre l'Opep et les producteurs non membres du Cartel, y compris la Russie.

La semaine dernière, l'Arabie Saoudite, chef de file de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), a de nouveau fait pression pour réduire la production de brut afin de compenser la baisse de la demande mondiale en raison de l'épidémie du nouveau coronavirus. Mais la Russie, deuxième producteur mondial après Ryad et partenaire de l'Opep sur ce dossier, s'y est opposée.

En réaction, l'Arabie saoudite a procédé à la plus forte baisse de ses prix depuis 20 ans, s'efforçant de capter des parts de marché de Moscou et déclenchant des remous sur les marchés financiers. Les prix du pétrole avaient en conséquence chuté lundi, avant de repartir légèrement à la hausse mardi. Le baril s'échangeait entre 30 et 40 dollars en fin de journée, à un niveau nettement plus faible que la semaine dernière. Ce mercredi, ils sont cependant de nouveau sous pression.

Malgré cette chute des prix, la Russie a indiqué mardi qu'elle envisageait d'augmenter sa production de 200.000, voire 300.000 barils par jour.

Vers 08H22 GMT, le baril de "light sweet crude" (WTI), référence américaine du brut, pour livraison en avril, cédait 0,42 dollar, soit 1,22%, à 33,94 dollars, dans les échanges électroniques. Le baril de Brent, référence européenne, pour mai, perdait de son côté de 0,32 dollar, soit 0,86% à 36,90 dollars.