Le taux de chômage est, lui, resté à 6,7%, reflet d'un taux de participation au marché de l'emploi qui se dégrade.

Ce sont 140.000 emplois qui ont été perdus au cours du dernier mois de l'année 2020 aux Etats-Unis, a annoncé vendredi le département du Travail.

Les économistes s'attendent toutefois à un rebond de l'emploi au printemps et surtout au cours de l'été, à la faveur d'une campagne de vaccination qui permettrait d'immuniser la majorité de la population d'ici là.

Ils escomptent aussi un nouveau plan de soutien à l'économie.

Signe que les regards sont tournés vers l'avenir, la Bourse de New York a ouvert en hausse vendredi, ignorant les mauvais chiffres de l'emploi de décembre. Avant d'évoluer en ordre dispersé, le Dow Jones lâchant un peu de terrain.

Depuis mai, le marché du travail s'était redressé. Il était même parvenu à recréer une grosse moitié des 22 millions d'emplois détruits en mars et avril, lors du choc initial du Covid-19.

En novembre, encore, 336.000 emplois avaient été créés.

"En décembre, les pertes d'emplois dans le secteur des loisirs et l'hôtellerie et dans l'enseignement privé n'ont été que partiellement compensées par des gains dans les services aux professionnels et aux entreprises, le commerce de détail et la construction", a résumé le ministère.

Cette situation est "presque entièrement due à une baisse d'un demi-million d'emplois dans les loisirs et l'hôtellerie, le temps froid et la flambée de virus ayant fait des ravages", commente dans une note Gregory Daco, analyste pour Oxford Economics.

Le Covid-19 est en forte hausse aux Etats-Unis depuis l'automne, contraignant de nombreux responsables locaux partout dans le pays, et y compris parmi les plus réticents, à imposer de nouvelles mesures pour tenter de ralentir la progression de la pandémie.

Premiers pénalisés, les restaurants et bars, qui dans de nombreuses villes, on dû cesser le service en salle, ou raccourcir leurs horaires.

Abandon des recherches 

Ce rapport sur l'emploi est le dernier de l'ère Trump avant l'arrivée du démocrate Joe Biden à la Maison Blanche le 20 janvier.

La stabilité du taux de chômage s'explique par le fait qu'un nombre croissant de chômeurs a tout simplement abandonné les recherches d'emploi.

Et beaucoup de femmes ont aussi dû quitter leur emploi pour s'occuper de leurs enfants, car de très nombreuses écoles, publiques comme privées, n'ont toujours pas rouvert leurs portes aux Etats-Unis.

Le taux de chômage avait culminé à 14,8% en avril (révisé en légère hausse).

Depuis, il avait reculé chaque mois.

Pour autant, il reste deux fois plus élevé qu'avant l'arrivée de l'épidémie aux Etats-Unis, quand, en février, il était de 3,5%, un plus bas en 50 ans.

Les Etats-Unis comptent toujours 10,7 millions de chômeurs, selon ces chiffres officiels, dont 4 millions de chômeurs de longue durée (c'est-à-dire depuis plus de 6 mois), sensiblement comme en novembre.

C'est sans compter, toutefois, tous les travailleurs indépendants qui ont vu leurs sources de revenus se tarir.

Mi-décembre, 19 millions de personnes touchaient une allocation chômage, tous programmes confondus, les droits au chômage ayant été prolongés de plusieurs semaines et étendus à des bénéficiaires habituellement exclus, notamment les indépendants.

Nouveau plan de relance en vue 

Ces millions de chômeurs américains ont toutefois reçu une bonne nouvelle pendant les fêtes de fin d'année, puisque le Congrès américain a réussi à s'entendre sur un nouveau paquet d'aides économiques, qui a été ratifié par Donald Trump.

Ils sont assurés de pouvoir toucher jusqu'en mars une allocation chômage, dont le montant a été rehaussé de 300 dollars hebdomadaires.

Ces mesures risquent toutefois de faire grimper les inscriptions au chômage en janvier, puisque ceux qui pensaient avoir épuisé leurs droits pourront finalement y prétendre.

Des virements de 600 dollars par personne, sous certains conditions de revenus, ont été également été envoyés, dans les tout premiers jours de 2021, sur les comptes bancaires de nombreux foyers américains.

Joe Biden a promis que les 900 milliards de dollars débloqués fin 2020 ne seraient qu'un acompte au plan de relance massif qu'il entend faire adopter dès son arrivée.

Le Sénat ayant désormais autant d'élus démocrates que républicains, c'est la vice-présidente Kamala Harris qui sera chargée de trancher, ce qui laissera les coudées franches à Joe Biden pour appliquer sa politique.