Donald Trump a salué jeudi les chiffres "spectaculaires" de l'emploi enregistrés en juin aux Etats-Unis tout en passant sous silence la résurgence de la pandémie de Covid-19 qui pourrait pourtant compromettre la reprise économique.

L'économie américaine a créé 4,8 millions d'emplois le mois dernier, un record historique pour un seul mois, et le taux de chômage est tombé à 11,1% après 13,3% en mai, a dévoilé le département du Travail.

Comme en mai, ces données sont meilleures qu'attendu par les économistes.

"Les annonces d'aujourd'hui prouvent que notre économie est en train de se remettre à vrombir, dans certains secteurs nous éteignons les flammes et cela marche très bien", a déclaré le président républicain, qui mise sur la reprise de l'économie pour être réélu en novembre.

Lors d'une brève allocution devant la presse réunie à la Maison Blanche, il a promis "un superbe troisième trimestre", opportunément un peu avant la présidentielle de novembre.

"La bonne chose c'est que ces chiffres vont sortir juste avant l'élection, donc les gens pourront les voir", a-t-il relevé.

"Il n'y a aucune victoire à célébrer", a rétorqué le candidat démocrate à la Maison Blanche, Joe Biden, soulignant que tant que la pandémie n'est pas terminée, l'économie court "des risques".

M. Biden a aussi vertement critiqué la gestion de la crise sanitaire, rendant responsable Donald Trump de la crise économique qui en a résulté.

"Travail pas terminé"

Le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, a lui sobrement souligné que "le travail n'est pas terminé".

"Je serai inquiet tant que nous n'avons pas ramené tout le monde sur le marché de l'emploi", a-t-il déclaré.

Les améliorations du marché de l'emploi "reflètent la poursuite de la reprise de l'activité économique qui avait été interrompue en mars et avril dans un effort pour contenir la pandémie de coronavirus", avait commenté plus tôt le ministère du Travail.

Sans surprise, les secteurs des loisirs et de l'hôtellerie ont le plus bénéficié de la reprise après avoir été sinistrés.

"Des gains d'emplois notables" ont également été enregistrés dans le commerce de détail, l'éducation, les services de santé ainsi que dans le secteur des services professionnels et commerciaux.

En outre, contrairement au mois de mai, les travailleurs noirs ont aussi bénéficié de l'amélioration de l'emploi même si l'écart avec les travailleurs blancs reste important (15,4% de chômage contre 10,1%).

Pour autant, il est difficile de conclure que le marché du travail s'est remis de l'onde de choc provoquée par la crise sanitaire puisque les données ont été collectées au cours de la première moitié du mois de juin, c'est-à-dire avant la nouvelle flambée de cas de coronavirus.

Les licenciements enregistrés au printemps ont été si massifs que le gain de 4,8 millions d'emplois laisse encore des millions d'Américains sans travail.

Au total, 17,8 millions de personnes étaient en effet encore sans emploi en juin, soit 12 millions de plus qu'en février.

Le taux de chômage reste, lui, très supérieur aux 3,5% établi en février, quand il était à son plus bas niveau en 50 ans.

Point mort fin juin ?

Entre mai et juin, de nombreux Etats fédérés ont donné le feu vert à la réouverture notamment des restaurants et autres lieux de loisirs, après des semaines de confinement qui devaient endiguer le nouveau coronavirus.

Mais d'importants foyers de la maladie sont réapparus dans le sud et l'ouest, en Californie, en Floride, au Texas et en Arizona obligeant dans certains cas à reprendre des mesures de confinement.

Avec une pandémie non maîtrisée, la reprise naissante de l'emploi pourrait ainsi être retombée au point mort à la fin du mois de juin.

Signe que l'emploi reste à la peine, les nouvelles demandes hebdomadaires d'allocations chômage se sont établies à 1,427 million la semaine dernière, s'achevant le 27 juin.

Le nombre est en légère baisse par rapport à la semaine précédente mais uniquement parce que les chiffres de la semaine précédente ont été révisés en hausse à 1,482 million.

A côté de ceux ayant perdu leurs emplois au printemps, des millions d'Américains ont aussi dû se résoudre à accepter un emploi à temps partiel.