La pandémie de Covid-19 va amputer le produit intérieur brut (PIB) mondial de 22 000 milliards de dollars entre 2020 et 2025, a indiqué mardi l'économiste en chef du Fonds monétaire international lors d'une conférence de presse. Il s'agit d'une "perte cumulée" qui est à comparer avec le niveau du PIB mondial que le FMI avait estimé avant la pandémie, a précisé Gita Gopinath, en présentant les dernières prévisions économiques mondiales. Les répercussions sont donc "substantielles", a-t-elle commenté.

Mise à jour de croissance des PIB

Le FMI a également dévoilé des prévisions économiques mondiales globalement plus optimistes pour 2021 à la faveur de la campagne de vaccination contre le Covid-19 : le PIB devrait rebondir de 5,5 %, soit une hausse de 0,3 point comparé aux estimations d'octobre.

Mais cette estimation recouvre des prévisions disparates d'un pays à l'autre. Les Etats-Unis, première puissance économique mondiale, devraient enregistrer une croissance de leur produit intérieur brut de 5,1 % (+2 points) dopé par le dernier plan de soutien à l'économie de 900 milliards de dollars adopté fin décembre par le Congrès. Leur grande rivale, la Chine enregistrera, elle, une croissance de 8,1%, à peine moins que les 8,2 % projetés il y a trois mois.

La prévision mondiale est certes meilleure qu'attendu à l'automne. Mais elle ne doit pas masquer "l'incertitude extraordinaire" entourant l'économie, a mis en garde le Fonds monétaire international, soulignant que les pays qui garderont le cap en matière de soutien budgétaire seront ceux qui retrouveront le plus de vigueur économique.

Hausse pour le monde, baisse pour l'Europe

Au niveau européen, la prévision de croissance 2021 de la zone euro a été rabaissée, en raison de la résurgence de la pandémie de Covid-19 et des mesures de confinement qui en résultent.

Le FMI table sur un rebond du produit intérieur brut de 4,2 %, soit 1 point de pourcentage en moins qu'en octobre dernier, et loin des 5,1 % attendus pour les Etats-Unis. L'Allemagne devrait enregistrer une croissance de 3,5 % (-0,7 point), la France +5,5 % (-0,5 point), l'Italie +3 % (-2,2 points) et l'Espagne +5,9 % (-1,3 point).

Toujours sur le vieux continent, le Royaume-Uni, frappé par le variant du nouveau coronavirus, voit sa prévision également abaissée à 4,5 % (-1,4 point).

Tour d'horizon

Les chiffres entre parenthèses représentent les révisions exprimées en points de pourcentage par rapport aux prévisions précédentes qui dataient du mois d'octobre 2020.

  • Monde 5,5% (+0,3) soit une croissance de 4,2% (=)
  • Zone euro 4,2% (-1) soit une croissance de (+0,5)
  • Allemagne 3,5% (-0,7) soit une croissance de 3,1% (=)
  • France 5,5% (-0,5) soit une croissance de 4,1% (+1,2)
  • Italie 3,0% (-2,2) soit une croissance de 3,6% (+1)
  • Espagne 5,9% (-1,3) soit une croissance de 4,7% (+0,2)
  • Royaume-Uni 4,5% (-1,4) soit une croissance de 5,0% (+1,8)
  • Etats-Unis 5,1% (+ 2 soit une croissance de 2,5% (-0,4)
  • Canada 3,6% (-1,6) soit une croissance de 4,1% (+0,7)
  • Russie 3,0% (+0,2) soit une croissance de 3,9% (+1,6)
  • Japon 3,1% (+0,8) soit une croissance de 2,4% (+0,7)
  • Chine 8,1% (-0,1) soit une croissance de 5,6% (-0,2)
  • Inde 11,5% (+2,7) soit une croissance de 6,8% (-1,2)
  • Brésil 3,6% (+0,8) soit une croissance de 2,6% (+0,3)
  • Mexique 4,3% (+0,8) soit une croissance de 2,5% (+0,2)
  • Nigeria 1,5% (-0,2) soit une croissance de 2,5% (=)
  • Afrique du Sud 2,8% soit une croissance de (-0,2) 1,4% (-0,1)