En moyenne, l'activité économique au sein des secteurs sondés par la FEB était encore inférieure de près de 7% à la normale au mois de novembre. De manière globale, l'économie belge devrait se contracter d'environ 7% en 2020 avant de rebondir à +4,8% en 2021, entamant ainsi le rattrapage d'une année "désastreuse". Les secteurs sondés rapportent un niveau d'activité largement inférieur au niveau normal, avec 90% des répondants faisant état d'une activité économique déprimée. En tenant compte de la taille relative des secteurs et de leur poids économique, la baisse de l'activité est de 6,8% par rapport au niveau normal au mois de novembre, contre 21,4% à la seconde moitié du mois de mai, lors de la précédente enquête.

Outre les secteurs actuellement à l'arrêt (Horeca, événementiel, métiers de contact), les secteurs les plus pessimistes quant à l'avenir proche sont le commerce non alimentaire, l'automobile, le papier, le verre et la sidérurgie.

Les prévisions sont un peu moins négatives du point de vue de l'emploi: si la deuxième vague a à nouveau fait grimper les cas de chômage temporaire à 312.000 personnes (9,8% de l'emploi du secteur privé) par jour à la mi-novembre, ce nombre est resté trois fois moins grand que lors du premier confinement en avril. Pas moins de 950.000 personnes (30% de l'emploi salarié) avaient alors connu le chômage temporaire à un moment donné.

Une évolution confirmée par l'enquête de la FEB, qui montre qu'en moyenne pondérée, l'emploi au sein des entreprises et secteurs du pays était inférieur de 9% à la situation normale au mois de novembre, contre 23% au mois de mai. En termes de prévisions, la Fédération s'attend à ce que ce retard soit encore de 2,3 à 4,1% dans six mois, soit moitié moins grand que lors de la précédente enquête.

Au premier semestre de 2021, malgré les nombreuses mesures de soutien prises par les autorités fédérales et régionales, la crise économique aura de plus en plus d'effets de second tour: baisse des investissements, multiplication des fermetures ou des faillites, augmentation des restructurations et augmentation du nombre de demandeurs d'emploi. L'impact négatif du Brexit et/ou d'une troisième vague d'infections au Sars-CoV-2 risque d'amplifier cette spirale négative, avertit la FEB.

Globalement, l'économie belge devrait se contracter d'environ 7% en 2020 par rapport à 2019, soit la plus grande récession de l'après-guerre. En revanche, si les stratégies de vaccination permettent d'immuniser un pourcentage suffisamment élevé de la population d'ici aux mois d'été, l'activité économique pourrait rebondir dans la deuxième partie de l'année 2021, passant de -5% (par rapport à celle de fin 2019), avant de remonter à -1% au quatrième trimestre. D'un point de vue purement mécanique, la croissance annuelle en 2021 (en raison des effets de base négatifs en 2020) s'élèverait à +4,8%, "mais il s'agit plutôt d'un rattrapage après une année 2020 désastreuse", écrit l'organisation faîtière.