"Il n'y a aujourd'hui pas de marché unique pour la finance dans la zone euro", a constaté la présidente de la BCE lors du forum Paris Europlace, ajoutant que "les progrès en matière d'intégration financière transfrontière ont été trop lents".

"Un marché des capitaux sous-dimensionné et fragmenté, couplé à une industrie bancaire transfrontière sous-développée signifie que la finance en zone euro n'offre pas de possibilités optimales de partage des risques", notamment au moment où le monde travers la crise du Covid-19, a souligné la dirigeante.

L'Union des marchés de capitaux, serpent de mer depuis 2014, est un projet de marché unique européen des capitaux destiné à favoriser la circulation des capitaux entre les pays membres pour permettre notamment un financement plus large des entreprises.

Maintes fois réclamée tant par les acteurs financiers qu'institutionnels, elle est demeurée à un stade embryonnaire.

Christine Lagarde a par ailleurs souligné la force européenne en matière d'émissions de dette verte, "un leader mondial" alors que la moitié de ces émissions ont eu lieu l'an dernière dans l'Union.

"Pour conserver cette avance sur la concurrence et accélérer la transition vers une économie plus digitale et plus verte, des marchés de capitaux plus profonds et plus intégrés sont nécessaires", a-t-elle dit.

"Il nous faut également une solution européenne pour les paiements sur les lieux de vente et en ligne", a affirmé 0la présidente de la BCE, soulignant que dix pays européens n'acceptaient toujours pas de cartes de crédit d'autres pays de l'UE.

"La nouvelle initiative européenne pour les paiements (...) lancée par 16 banques européennes (peut) remédier à cette situation", a-t-elle estimé.

Le projet de service de paiements paneuropéen "EPI" (European payment initiative) a été annoncé officiellement en juillet par seize banques de la zone euro en vue de faciliter les transactions européennes mais aussi de proposer une alternative aux acteurs étrangers tels que Visa ou Mastercard.

"Rejoignez ce projet autant que possible", a exhorté Mme Lagarde. Ce dispositif peut "renforcer l'autonomie de l'Europe" face à des "politiques protectionnistes, telles que les sanctions, les exclusions des systèmes de paiements (qui) ont augmenté de manière notoire au cours des dernières années".