Steve Bannon, ex-proche du président Donald Trump et personnage bien connu outre-Atlantique pour ses positions ultra-nationalistes, s'apprête à sortir un nouveau film dans lequel il s'en prend de manière à peine voilée sur l'entreprise Huawei, la Chine et le parti communiste.

La figure de l'Alt-right américaine Steve Bannon, ex-proche de Donald Trump, s'apprête à sortir, en tant que producteur exécutif son nouveau film, Claws of the Red Dragon ("Les griffes du dragon rouge"). L'histoire, celle d'une entreprise chinoise spécialisée dans les technologies dont la fille du dirigeant se fait arrêter au Canada et risque l'extradition aux USA pour violation des sanctions américaines contre l'Iran, vous dit quelque chose ? Ce n'est pas tout à fait anormal.

Début 2019 - alors que Pékin et Washington sont embourbées dans une guerre commerciale sans fin, Meng Wanzhou, directrice financière du géant chinois des télécoms Huawei, avait été arrêtée au Canada, sur demande de l'administration Trump, qui souhaitait son extradition pour la juger concernant... un contournement de l'embargo sur l'Iran.

Assumant sans mal sa position, Steve Bannon a indiqué lors de l'avant-première du film qu'il espérait que ce genre d'initiatives fassent réagir le président américain afin que ce dernier opte pour plus de fermeté dans les relations sino-américaines.

"Il est dix fois plus important de fermer Huawei aux États-Unis que de conclure un accord commercial", a-t-il insisté, tout en se targuant d'avoir projeté, en avant première, les "Griffes du dragon rouge" dans un théâtre privé de Park Avenue, à New York, appartenant par le passé à Walt Disney, ajoutant en guise de pied de nez nationaliste qu'il n''y a "probablement aucune compagnie en Amérique qui ait fait plus de courbettes devant le parti communiste chinois que Disney".

Claws of the Red Dragon a été produit par une société canadienne pour un budget ne dépassant pas le million de dollars. Outre ses activités en tant que producteur, Steve Bannon gère toujours le site complotiste d'extrême-droite Breitbart, tout en gardant la mainmise sur The Movement, organisation politique ultra-populiste. Après avoir été l'éminence grise de Donald Trump lors de la campagne présidentielle qui avait vu le magnat de l'immobilier investir la Maison blanche, Bannon avait été nommé conseiller stratégique du président américain. Il avait été limogé au mois d'août 2017.