Le conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne a décidé jeudi de maintenir en l’état les différents outils mis en place pour maintenir à flot l’économie de la zone euro. Une attitude prévue par les observateurs, compte tenu, essentiellement, de l’évolution de la pandémie. Mais la présidente de l’institut d’émission, Christine Lagarde, a tenu à évoquer des éléments positifs comme le début de la campagne de vaccination, l’accord sur le Brexit, le fait que les dirigeants européens se soient mis d’accord sur des moyens de financement sur le marché obligataire au niveau européen, la reprise de l’activité industrielle, et enfin, la levée des incertitudes sur la présidence des États-Unis. Bien sûr, a-t-elle expliqué, "il y a aussi des éléments moins positifs… comme le fait que la pandémie a pris un tour inquiétant dans plusieurs pays, qui pourrait entraîner des mesures de prudence supplémentaires". Et de noter que l’activité économique a décliné en zone euro au dernier trimestre de l’an passé, ce qui a un effet sur le niveau actuel du courant des affaires. "Dans ce contexte, les chiffres de l’inflation demeurent extrêmement faibles. Avec un recul de 0,3 % pour le mois de décembre. On pense toutefois que les chiffres du premier trimestre 2021 seront en revanche positifs, mais pour des raisons techniques : hausse des prix de l’énergie, la hausse de la TVA en Allemagne, notamment. Pour le reste, le niveau de l’inflation dépend aussi de la faiblesse de la consommation, du marché du travail, et du niveau d’appréciation de l’euro". Sur un an, en effet, notre devise a progressé de pratiquement 10 % face au dollar.

Les prévisions de décembre se vérifient

Voilà pour l’environnement économique pris en compte par les membres du Conseil des gouverneurs. Et qui justifie, selon Madame Lagarde, la décision prise de maintenir les mesures telles que présentées en décembre dernier, sur base de projections qui jusqu’à présent ont été confirmées dans les faits. "Nous restons dans un environnement sur lequel pèse le même lot d’incertitudes : la pandémie, les mesures de confinement. Pour rappel, nous avions estimé sur base des données disponibles, que ces mesures seraient encore présentes durant tout le premier trimestre 2021, avec une évolution progressive des campagnes de vaccination". La présidente de la BCE a insisté sur la souplesse dont pourrait faire preuve le Conseil, prêt à ajuster si nécessaire les différentes mesures en place. Elle a aussi confirmé que les prévisions de croissance de la zone euro pour l’ensemble de l’année en cours devraient tourner autour de 3,9 %, ce qui est plutôt encourageant. En réponse à une question, a elle a rappelé que les outils de stimulation monétaires demeuraient essentiels pour préserver le marché du crédit à des conditions extrêmement favorables. La BCE maintient notamment ses différents programmes de prêt aux banques, ses achats d’actifs obligataire tant pour la dette des entreprises que pour celle des États, afin de maintenir au plancher les taux d’intérêt à long terme. Enfin, elle offre aux banques qui prêtent de l’argent dans l’économie réelle, un taux négatif qui leur assure une marge.