En 2019 aussi, la Belgique est restée un pays attirant pour les investisseurs étrangers. L’an dernier, notre pays a accueilli 267 projets d’investissement, ce qui a permis la création de 5.401 emplois. C’est ce qui ressort du Baromètre de l’Attractivité belge, une étude annuelle d’EY qui mesure l’attractivité de la Belgique comme lieu d’investissement.

La Belgique conserve sa place dans le Top 5 des pays européens qui attirent le plus d’investissements étrangers, derrière la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Espagne. Après une année record en 2018, la Belgique est parvenue à maintenir quasiment le même niveau d’investissements étrangers en 2019. L’an dernier, la Belgique a accueilli 267 nouveaux projets d’investissement, soit une légère diminution de 4 % par rapport à 2018. Cependant la perception des investisseurs étrangers quant à l’attractivité future de la Belgique n’a jamais été aussi faible. 

"Même si la perception de l’attractivité de notre pays pour les investisseurs étrangers peut donner une image assez sombre, les chiffres réels d’investissement demeurent très bons pour un petit pays comme la Belgique", explique Marie-Laure Moreau, partner chez EY Belgique.

Les Etats-Unis comme investisseurs principaux

En 2019, ce sont une nouvelle fois les États-Unis qui ont été les champions de l’investissement en Belgique, avec un total de 45 projets. Ils sont suivis de la France avec 42 projets. Le Royaume-Uni continue à trouver la Belgique particulièrement attrayante puisque les investissements sont passés de 13 en 2017 à 25 en 2018 et même 34 en 2019. Les Pays-Bas et l’Allemagne complètent le top 5, avec respectivement 28 et 24 investissements en Belgique l’année dernière. A noter que ces cinq pays ont représenté 65 % de tous les investissements étrangers dans notre pays en 2019.

En ce qui concerne les chiffres par région, les projets d'investissement ont progressé respectivement de 33% pour la Wallonie et de 25% pour Bruxelles. Malgré un recul de 24% par rapport à 2018, la Flandre reste quant à elle la région qui attire le plus d’investissements étrangers en Belgique.

Les technologies vertes : une énorme opportunité à saisir

L'une des tendances les plus significatives est l’importance croissante des technologies vertes. Près d'un tiers (30 %) des personnes interrogées considèrent que le secteur des technologies propres et des énergies renouvelables sera le principal moteur de la croissance de la Belgique dans les années à venir, devant les services aux entreprises (27 %) et l'économie numérique (23 %). L'année dernière, les technologies vertes n'étaient classées qu'en cinquième position. Le soutien à ces technologies vertes est devenu un élément essentiel pour les investisseurs étrangers, puisque deux tiers des personnes interrogées déclarent qu'elles jouent un rôle important dans leurs décisions d'investissement.

Fiscalité et stabilité politique : des facteurs clés

L'impôt des sociétés fait son retour à l'avant plan des facteurs décisifs dans les décisions d’investissement, ainsi que le coût de la main d'oeuvre. Près de la moitié des personnes interrogées déclarent que le niveau de fiscalité des entreprises a une influence significative sur leurs projets d’investissement dans notre pays.

Selon le baromètres, les principaux risques pour l'attractivité de la Belgique au cours des trois prochaines années sont le coût du travail (47 %), suivi par l'instabilité politique, réglementaire et administrative (38 %) et le niveau ainsi que la complexité de la fiscalité (37 %). L'instabilité politique est particulièrement préoccupante pour les entreprises déjà établies en Belgique (47 % contre 23 % pour les entreprises n’ayant pas de siège en Belgique).

L’impact du COVID-19 : une autre source d’inquiétude

Au niveau européen, une étude supplémentaire menée par EY en avril 2020 révèle que la pandémie de coronavirus a un impact très fort sur les futurs investissements étrangers. Seules 11% des entreprises interrogées pensent que le Covid-19 ne va rien changer à leurs plans d’investissement en 2020. Dans le même temps, 51 % des entreprises s'attendent à une légère diminution, 15 % s'attendent à une diminution substantielle et 23 % prévoient de reporter complètement les nouveaux projets jusqu'en 2021. Le Covid-19 a aussi un impact sur les projets annoncés en 2019, puisque 25 % de ces projets sont retardés et 10 % sont annulés.

"La crise du Coronavirus va provoquer de nouveaux équilibres macroéconomiques. Il semble aujourd’hui évident qu’une série d’activités économiques seront amenées à se réinventer afin de rendre notre tissu économique plus résilient. En effet, on parle de plus en plus de réindustrialisation, de relocalisation de l’activité ou encore de diversification des chaînes et sources d’approvisionnement, des messages déjà véhiculés depuis plusieurs années par l’UWE", déclare Olivier de Wasseige, administrateur délégué et Directeur général de l’Union Wallonne des Entreprises.