La Chine vise une croissance "d'au moins 6 %" cette année alors que la seconde économie mondiale continue à se remettre du choc épidémique de 2020. Cet objectif permettrait au géant asiatique de revenir à son niveau de 2019, quand le pays avait dégagé 6,1 % de croissance sur l'année.

Le coronavirus et les mesures de confinement sans précédent ont ensuite plombé l'activité: l'an dernier, Pékin s'était abstenu de fixer un objectif de croissance pour 2020, après un repli historique du produit intérieur brut (PIB) au premier trimestre (-6,8 %).

L'amélioration progressive des conditions sanitaires a toutefois permis à la Chine d'enregistrer une croissance positive l'an dernier (+2,3 %), contrairement à la plupart des autres pays tombés en récession.

"Le fait que Li Keqiang annonce un objectif de croissance traduit un optimisme prudent" de Pékin quant à la situation actuelle, estime Larry Ong, du cabinet SinoInsider, basé aux Etats-Unis.

Tendances sans objectif 

Li Keqiang s'est en revanche abstenu de donner un chiffre de croissance pour les cinq prochaines années, alors que les grandes orientations du prochain plan quinquennal doivent être présentées d'ici jeudi à l'Assemblée nationale populaire (ANP, le parlement chinois).

La Chine ambitionne de devenir un pays socialiste moderne avec une croissance plus qualitative reposant sur des industries à plus forte valeur ajoutée, a indiqué le Premier ministre.

Pour parvenir à cet objectif, le pays devra améliorer sa capacité d'innovation dans des domaines clés, a prévenu Li Keqiang. Et le budget alloué à la recherche et développement augmentera de plus de 7 % par an ces cinq prochaines années.

Taux de chômage à 5,5 %

Pékin se fixe comme objectif de créer cette année quelque 11 millions d'emplois, un chiffre identique à celui de 2019, avant la pandémie. Un critère qui ne renseigne en rien sur le nombre d'emplois détruits à cause de la crise.

La Chine vise également un taux de chômage à 5,5 %, après 5,6 % l'an dernier.

Là aussi, ce chiffre dresse un tableau incomplet de la conjoncture. En Chine, le chômage est calculé pour les seuls urbains, c'est-à-dire qu'il ne tient pas compte des près de 300 millions de travailleurs migrants, d'origine rurale, fragilisés par la crise.

Une inflation visée identique à 2019

Pour soutenir l'an dernier une économie en souffrance en pleine pandémie, la Chine avait creusé son déficit à 3,6 % du PIB.

En 2021, ce ratio sera ramené autour de 3,2 %, contre 2,8 % en 2019.

Quant à l'inflation, l'objectif est fixé "autour de 3 %", identique à celui de 2019 et légèrement inférieur aux 3,5 % de l'an dernier.