L’enjeu est important alors que la BCE tente d’amortir la crise.

Une minorité de citoyens européens fait confiance à la Banque centrale européenne (BCE) tout en appréciant dans une proportion record les bienfaits de l’euro, souligne lundi l’institution au moment où elle lutte sans relâche contre les effets de la pandémie de coronavirus.

"Le soutien à l’euro parmi les citoyens de la zone euro était de 76 %" à l’automne 2019, en augmentation régulière depuis 2016, pour afficher un niveau record depuis le lancement de la monnaie unique, selon un article du dernier bulletin mensuel de l’institut monétaire, reprenant une enquête de la Commission européenne.

Dans le même temps, 42 % seulement des répondants ont affiché leur confiance dans la BCE, la tendance s’améliorant certes après un plus bas observé entre 2013 et 2017.

Déclin des institutions publiques

Ce manque de confiance du public rend la Banque centrale "plus vulnérable aux pressions politiques, car les politiciens sont davantage incités à faire des commentaires critiques et pourraient compromettre son indépendance", note l’article.

Les critiques envers les effets supposés négatifs de la politique anti-crise de la BCE, à travers des taux au plus bas, se sont notamment exprimées en Allemagne, conduisant des eurosceptiques à vouloir censurer son action devant le juge constitutionnel, avec un succès partiel.

La baisse de la confiance dans la BCE "s’inscrit dans un déclin plus large de la confiance dans les institutions publiques au lendemain de la crise financière mondiale" de 2008, indiquent les auteurs.

"Communication plus inclusive"

Ces derniers estiment qu’une "communication plus inclusive" et "des efforts visant à améliorer la compréhension générale du mandat et des tâches de la BCE" pourront contribuer à "renforcer la confiance" dans l’institution.

Et, dans les pays comme la France affichant des soutiens régionaux différenciés à l’euro et à la BCE, il est nécessaire "d’aller au-delà des capitales" pour rendre la communication accessible à un large public.

Du fait de la pandémie de coronavirus et des mesures de confinement, la BCE avait reporté en avril le terme de sa revue stratégique, de fin 2020 à mi-2021. Cet exercice lancé sous la houlette de sa présidente, Christine Lagarde, veut tenir compte des doléances de la société civile concernant la future stratégie de politique monétaire. (AFP)