Selon une estimation de l’Organisation internationale du Travail (OIT), la crise mondiale du coronavirus va coûter très cher en termes d'emplois et de pouvoir d'achat des travailleurs, peut-être bien plus que la crise financière de 2008.

L'OIT a envisagé trois scénarios d'impact du Covid-19  sur la croissance économique mondiale. Dans le scénario le plus optimiste, le chômage mondial augmenterait de 5,3 millions d'unités, avec une perte de de 2% du Produit intérieur brut (PIB). Le scénario intermédiaire prévoit une augmentation du nombre de chômeurs de 13 millions, dont 7,4 dans les pays à hauts revenus, et une baisse du PIB de 4%. Dans le scénario le plus pessimiste, le nombre de nouveaux chômeurs s'envole à 24,7 millions, avec une chute de 8% du PIB mondial.

En comparaison, souligne l'OIT, la crise financière internationale de 2008-09 avait provoqué une hausse du chômage dans le monde de 22 millions d'unités.

"La baisse du nombre d’emplois va aussi entraîner des pertes massives en matière de revenus pour les travailleurs", écrivent les auteurs du rapport. Ce manque à gagner pourrait aller de 860 milliards de dollars à 3,4 billions de dollars d’ici la fin 2020. "Cela se traduira par une chute de la consommation des biens et des services, qui impactera à son tour les perspectives des entreprises et des économies", avertit l'OIT.

"La pauvreté au travail devrait elle aussi augmenter de manière significative, au fur et à mesure que la pression sur les revenus, en conséquence du déclin de l’activité économique, touchera très gravement les travailleurs vivant autour ou sous le seuil de pauvreté", avance l'OIT. Elle estime qu’entre 8,8 et 35 millions de personnes supplémentaires dans le monde se retrouveront en situation de travailleurs pauvres, comparé à la projection originale pour 2020 qui prévoyait une baisse de 14 millions au niveau mondial.