La reprise est là mais elle est "inégale entre les régions et les secteurs", déplorent Kristalina Georgieva et Gita Gopinath, respectivement directrice générale et économiste en chef du Fonds monétaire international dans une tribune publiée dans le Foreign Policy Magazine.

"Pour que la reprise se poursuive, il est essentiel que l'aide (financière consentie par les gouvernements) ne soit pas retirée prématurément", ajoutent-elles.

"Bien que le monde ait appris à vivre avec le virus, un rétablissement complet est peu probable sans une solution médicale permanente", relèvent-elles également.

Car l'incertitude persistante sur l'évolution du coronavirus et la possibilité d'une seconde vague mondiale de la pandémie pèsent sur la mobilité et la confiance des consommateurs et des entreprises.

Selon elles, la disponibilité d'un vaccin, ou de thérapies ayant fait leurs preuves dans le traitement du Covid-19 permettront en revanche d'améliorer les perspectives économiques mondiales.

"La rapidité avec laquelle les pays ont engagé des ressources pour développer un vaccin est sans précédent historique", se félicitent-elles.

Au 8 septembre, au moins 128 vaccins étaient en cours de développement dont 37 ont été testés sur l'homme, détaillent-elles.

"Les preuves historiques suggèrent qu'un effort de cette envergure a 90% de chances de développer un produit réussi", ajoutent-elles.

Pour autant, elles pointent du doigt les nouveaux défis: une production "en temps opportun", un approvisionnement "globalement adéquat" et une distribution équitable.

Car une fois un vaccin trouvé, tous les pays n'auront pas la capacité de produire suffisamment de doses pour vacciner tous leurs citoyens.

Les pays les plus riches du monde ont conclu des accords pour sécuriser les doses à l'avance, "ce qui pourrait réduire l'approvisionnement du reste du monde", ajoutent-elles.

C'est pourquoi, rappellent-elles, plusieurs organisations mondiales ont développé Covax, un système de partage des risques pour la distribution rapide et équitable des vaccins dans tous les pays.

Mardi, la patronne du FMI était intervenue devant les Nations Unies et avait fait part d'un tableau "moins sombre" pour l'économie mondiale comparé à fin mai.

"En d'autres termes, nous voyons des signes de reprise de l'économie mondiale", avait dit Kristalina Georgieva sans toutefois parler d'une vraie reprise.

"Les perspectives de plusieurs économies avancées sont un peu moins mauvaises que prévu. La Chine a franchi le cap et récupère un peu plus vite qu'anticipé", avait-elle détaillé.