Le PIB a stagné à la fin 2019 et 2020 débute mal en Allemagne. Le moteur européen a de gros ratés.

On ne va pas se le cacher : ça ne va pas en Allemagne. Outre la crise politique d’une rare profondeur qui secoue la CDU, parti de la chancelière, et le pays tout entier - elle trouve ses racines dans la gestion très controversée de la crise migratoire par Angela Merkel -, le terrain économique n’est pas mieux loti. Depuis des mois, les secousses économiques outre-Rhin sont essentiellement dues au conflit qui oppose sur le terrain commercial… la Chine et les États-Unis. Actuellement, l’Allemagne est l’un des pays qui souffre le plus de ce duel au sommet entre les deux plus grandes puissances économiques au monde.

Début d’année en demi-teinte

Résultat des courses : l’économie allemande a (encore) stagné au quatrième trimestre 2019, selon des données publiées vendredi par Destatis, alors que le nouveau coronavirus devrait limiter le redémarrage de l’activité au premier trimestre de cette année. Et alors que le marché s’attendait de toute façon à mieux de la part de l’économie d’outre-Rhin.

L’Office fédéral des statistiques a certes révisé à la hausse ses chiffres du troisième trimestre : le PIB a progressé de 0,2 % au lieu de 0,1 % annoncé initialement.

Le zéro affiché au dernier trimestre de l’an passé sonne, lui, comme un désaveu pour Destatis qui s’attendait mi-janvier à une "croissance modérée" sur cette période, tout en publiant une hausse modeste du PIB de 0,6 % sur l’ensemble de 2019.

Sans surprise, le ministère de l’Économie n’a pu que constater que l’économie allemande était "toujours dans une phase faible". D’un côté, l’industrie en récession depuis fin 2018 n’en finit pas de décevoir, Destatis notant des investissements en équipements "nettement inférieurs" en fin d’année par rapport à ceux du troisième trimestre, alors qu’ils ont continué à progresser dans la construction.

La production industrielle a en particulier plongé de 3,5 % sur un mois en décembre, avec un nombre de jours de ponts qui a certes amplifié le recul affiché.

Les exportations ne jouent plus leur rôle moteur et ont légèrement diminué d’un trimestre à l’autre, ajoute Destatis.

D’un autre côté, les dépenses de consommation tant privées que publiques, devenues les premiers soutiens de l’économie, ont, elles, "perdu leur élan après un très fort 3e trimestre", note l’Office statistique, sur fond de marché de l’emploi en stagnation.

Le premier trimestre 2020 s’annonce par ailleurs compliqué avec les effets attendus de l’épidémie de Covid-19, qui risque d’exacerber et prolonger le ralentissement de l’industrie. Pour l’Europe, les ratés de l’économie allemande, quoi qu’il en soit, n’augurent rien de bon en ce début d’année.