L'économie belge devrait croître de 1,3% en 2020, comme en 2019, selon les perspectives économiques de l'Institut de recherches économiques et sociales (Ires) de l'UCLouvain, publiées jeudi. Les prévisions tablent également sur un net ralentissement de la progression du pouvoir d'achat.

La croissance de l'économie belge restera timide cette année, résume l'Ires, après que notre pays a fait preuve de "résilience en 2019", notamment en raison de la bonne tenue du marché du travail. L'institut constate que l'environnement économique international reste perturbé par les tensions commerciales et par les conséquences économiques du Brexit, principaux risques pointés du doigt. Malgré tout, cette projection économique est supérieure aux dernières prévisions émises par la Banque nationale (BNB), laquelle table sur un taux de croissance de l'activité économique de 1,2% en 2020, 1,1% en 2021 et 1% en 2022.

Au niveau belge, estime l'Ires, le sentiment de confiance des ménages et des entreprises se révèle par ailleurs faible. Cette confiance écornée des entreprises, qui ne se traduit pas par une diminution drastique des investissements, explique en partie ce recul de la croissance attendue: "étant donné la faiblesse de la conjoncture en zone euro (dont la Belgique est très dépendante, NDLR), les exportations belges de biens et services devraient à nouveau progresser lentement en 2020."  Selon les prévisions économiques de l'institut, la progression du pouvoir d'achat devrait "nettement" ralentir en 2020 et la contribution de la demande intérieure à la croissance serait donc limitée. Notamment parce que le pouvoir d'achat sera moins soutenu par les baisses d'impôt (tax shift essentiellement). La hausse du pouvoir d'achat serait de 1,2% en 2020, contre 2% en 2020, estime l'Ires.

Le déficit pointé du doigt

L'Institut prévoit également un ralentissement dans la croissance de la création d'emplois: hausse de l'emploi de 44.300 unités en termes nets  (contre 60.800 en 2019). "Le chômage devrait continuer à diminuer en 2020", poursuit l'Ires dans son étude."Sous l'hypothèse d'une croissance de la population active de de 0,6% en 2020, le nombre de demandeurs d'emplois inoccupés reculerait à 14.000 unités endéans 2020, après avoir diminué de 17.700 unités en 2019." 

L'inflation générale des prix à la consommation devrait elle s'élever à 1,4% en 2020, tandis que le déficit budgétaire des administrations publiques s'élargirait à 2,3% du PIB en 2020, en ligne avec les projections du Bureau fédéral du Plan et de la BNB (qui prévoit un déficit de 2,8% en 2022).