Pesant aujourd'hui déjà un peu plus de 7 milliards d'euros, la dette directe de la Fédération Wallonie-Bruxelles devrait augmenter de quelque 54% à politique constante d'ici la fin de la législature en 2024 et dépasser ainsi les 11 milliards d'euros, a annoncé mercredi son ministre du Budget, Frédéric Daerden (PS). 

A peine installé, le grand argentier de la Fédération Wallonie-Bruxelles avait déjà indiqué en octobre que l'entité -en déficit courant depuis des années- ne renouerait pas avec l'équilibre sous cette législature, notamment pour financer le vaste chantier du Pacte d'excellence.

Tout en disant vouloir profiter des taux historiquement bas, M. Daerden n'avait toutefois livré jusqu'à ce jour aucune projection sur l'évolution de la dette de la Fédération, laquelle a déjà doublé entre 2008 et 2018.

Pressé cette semaine par le député André Antoine (cdH) de fournir ces chiffres lors de l'examen du budget initial 2020 en commission du Parlement, M. Daerden a finalement fourni ces données à l'ensemble des députés commissaires mercredi.

Avec les différents déficits successifs programmés jusque fin 2024, l'endettement de la Fédération passera ainsi à politique constante de 7,2 milliards d'euros aujourd'hui à un peu plus de 11 milliards en 2024.

Le rapport de la dette de la Fédération sur ses recettes passera dès lors de 69% aujourd'hui à 95,7% d'ici 2024, soit proche du seuil jugé critique de 100%.

Pour André Antoine, en tenant compte de la dette consolidée de la Fédération, son endettement dépassera en réalité les 12 milliards d'euros, et ainsi le seuil de 100% de ses recettes.

"La conclusion qui ressort de ces chiffres, c'est que pour garder cette trajectoire, toutes les nouvelles politiques qui sont annoncées par la majorité arc-en-ciel devront en réalité se faire aux prix d'économies dans les politiques actuelles! ", a averti le député centriste.

Dans la majorité, le député Yves Evrard (MR) a qualifié de "préoccupante" la trajectoire d'endettement présentée mercredi par le ministre Daerden.

Selon ce dernier, grâce aux taux bas actuels, le service de cette dette ne devrait toutefois pas dépasser sur base annuelle 2% des recettes de la Fédération, un seuil jugé tout à fait soutenable pour l'entité.