La dette publique de l'Espagne a atteint 1 308 milliards d'euros au troisième trimestre de 2020, soit 114,1 % de son PIB! Une croissance exponentielle notamment due à l'explosion des dépenses publiques destinées à lutter contre la pandémie de Covid-19, selon les données publiées ce vendredi par la Banque d'Espagne.

Au premier trimestre, la dette espagnole représentait 98,9 % du PIB, avant de bondir à 110,1 % du PIB au deuxième trimestre, sous l'effet des mesures engagées par le gouvernement de Pedro Sanchez pour lutter contre les retombées économiques de la pandémie.

Selon les prévisions de Madrid, la dette atteindra 115,5 % du PIB fin 2020, tandis que le déficit public devrait grimper à 11,3 % du PIB. Le déficit budgétaire atteignait déjà 6,82 % du PIB fin septembre, après avoir quasiment quadruplé en un an.

Une bulle d'oxygène européenne de 140 milliards 

Le gouvernement du socialiste Pedro Sanchez a notamment financé le chômage partiel de millions de salariés et adopté des mesures d'aide pour les entreprises et les travailleurs indépendants. Ces mesures ont coûté 13 milliards d'euros à la Sécurité sociale entre mars et septembre, avait annoncé le gouvernement en octobre.

Pour faire face au choc budgétaire provoqué par la crise sanitaire, le gouvernement de gauche a inclus des hausses d'impôts pour les plus riches dans le projet de budget 2021.

Mais il s'appuiera surtout sur les fonds du plan de relance européen, dont l'Espagne sera l'un des principaux bénéficiaires : elle percevra 140 milliards d'euros, dont la moitié sous forme de subventions et l'autre sous forme de prêts.

Les dirigeants des 27 réunis à Bruxelles ont trouvé jeudi un accord pour faire entrer en vigueur ce plan, dont l'application était bloquée depuis un mois par les vetos de la Hongrie et de la Pologne.