La pandémie a fait grimper la dette publique mondiale à un niveau historique en 2020, représentant désormais 98 % du PIB mondial contre 84 % en 2019, gonflée par les plans d'aides pharaoniques des gouvernements, a annoncé jeudi le FMI.

C'est toutefois un peu moins que les 101,5 % du produit intérieur brut mondial estimés en juillet 2020.

La révision à la baisse s'explique par le fait que le PIB mondial s'est révélé "légèrement moins désastreux qu'estimé à l'été 2020", a expliqué une porte-parole du Fonds monétaire international.

L'institution de Washington, qui a publié son dernier rapport sur la surveillance budgétaire, rappelle que le montant total des aides des gouvernements pour lutter contre la crise sanitaire et économique provoquée par la pandémie de Covid-19 s'élève à 14 000 milliards de dollars, soit 2 200 milliards de plus qu'en octobre dernier.

"Ce soutien mondial budgétaire a contribué à sauver des vies et des moyens de subsistance tout en atténuant les effets de la pandémie sur la consommation et la production", souligne l'institution dans son rapport.

Mais cette pandémie "a posé un sérieux défi aux finances publiques", poursuit-elle.

La chute des revenus combinée aux plans de soutien financier aux ménages et aux entreprises ont augmenté les déficits et les dettes publiques "au-delà des niveaux enregistrés pendant la crise financière mondiale", précise-t-elle.

Les économies avancées sont les plus pénalisées

"Le soutien des gouvernements reste vital alors que les pays sont engagés dans une course à la vaccination", souligne toutefois Vitor Gaspar, directeur du département des finances publiques du FMI dans un blog qu'il co-signe avec des économistes du FMI, Raphael Lam, Paolo Mauro et Mehdi Raissi.

L'an passé, ce sont les économies avancées qui ont enregistré les plus fortes augmentations des déficits budgétaires et de la dette, reflétant à la fois la hausse des dépenses et la baisse des revenus.

Dans les pays à faible revenu, le soutien gouvernemental a été plus limité, en raison de programmes de protection sociale moins développés.

Le soutien budgétaire doit se poursuivre tant que la reprise économique n'est pas pleinement enracinée, recommande le FMI qui par le passé exhortait au contraire à réduire la dette publique.

Sans un soutien budgétaire supplémentaire, la reprise, "dont le rythme et l'ampleur restent incertains", risque de ralentir prévient le FMI.

Le Fonds a révisé en hausse ses prévisions de croissance mondiale pour 2021, à 5,5 %, à la faveur de l'accélération de la vaccination contre le Covid-19 et des aides gouvernementales massives. Mais l'incertitude entourant ses prévisions reste forte en raison notamment des variants du nouveau coronavirus.