La Réserve fédérale (Fed) a donné 90 jours à la banque pour adopter un plan réformant et renforçant sa politique en matière de lutte contre le blanchiment d'argent, selon un accord qu'elle a rendu public.

La Fed requiert une surveillance accrue des activités potentiellement illicites et exige que Credit Suisse fasse des rapports réguliers sur ses progrès.

Selon les termes de cet accord, le plan de Crédit Suisse "doit fournir un cadre de gouvernance durable qui, au minimum, aborde, prend en compte et inclut des actions visant à améliorer les politiques, procédures et contrôles pour la conformité BSA (Bank secrecy act, ndlr) / AML (anti-money laundering, ndlr) à travers les opérations américaines".

La Fed ajoute que cela ne doit pas se limiter aux activités américaines.

Credit suisse n'avait pas encore réagi en fin d'après-midi.

En décembre 2016, l'établissement helvète avait écopé d'une amende de 16,5 millions de dollars aux Etats-Unis pour des faits similaires.

Il lui était alors reproché de n'avoir pas détecté des transactions illégales effectuées par des entités non enregistrées auprès des régulateurs américains entre janvier 2011 et septembre 2013.

L'autorité de régulation financière (Finra) avait expliqué que 55 millions d'actions d'entreprises de taille moyenne avaient changé de mains au cours de cette période entre entités étrangères via Credit Suisse sans que cela soit signalé aux autorités.

La banque n'avait pas non plus été vigilante sur des transferts d'argent suspicieux entre janvier 2011 et décembre 2015. A l'époque, il était apparu qu'un nombre insuffisant de personnes avaient été assignées au contrôle des risques, de sorte que les alertes lancées par le système de surveillance automatique n'avaient pas été analysées.

En outre, de nombreuses données entrées dans le système automatique de surveillance étaient incomplètes ou étaient viciées, ce qui compromettait (dès le départ) l'efficacité du système entier, avait déploré le Finra.

Credit Suisse avait accepté de s'acquitter de la pénalité financière via une de ses filiales mais elle n'avait pas reconnu sa culpabilité, une stratégie lui permettant de conserver sa licence bancaire.