La première économie du monde marque le pas, après le fort rebond qui avait immédiatement suivi la période de confinement du printemps, destinée à tenter de ralentir la propagation du Covid-19.

Symbole de ce ralentissement de la reprise, les ventes au détail ont augmenté bien moins que prévu au mois d'août.

Le communiqué qui sera publié par la Fed en début d'après-midi, à l'issue de la réunion, "reflètera la crainte que l'économie perde de son élan après le rebond qui a suivi le confinement", estimait l'économiste Diane Swonk, du cabinet Grant Thornton, dans une note récente.

Le président de la Fed, Jerome Powell, devrait aussi insister de nouveau mercredi, lors de sa conférence de presse, sur l'importance de nouvelles aides pour les ménages et entreprises, condition sine qua non pour relancer la machine.

Or, la Maison Blanche et les élus du Congrès négocient en vain depuis un mois et demi. Les discussions piétinent notamment sur le montant de l'enveloppe, les républicains refusant d'approuver l'ensemble des fonds demandés par les démocrates.

Le ton était toutefois plus encourageant mercredi matin.

"Je suis probablement plus optimiste depuis 72 heures sur le potentiel pour un accord, que je ne l'ai été dans les 72 derniers jours", a commenté le chef de cabinet de la Maison Blanche, Mark Meadows, sur CNBC.

"Les démocrates sont +sans coeur+. Ils ne veulent pas donner d'argent aux gens qui en ont désespérément besoin. (...) Donnez plus, les républicains, ça reviendra aux USA de toute façon (d'une manière ou d'une autre!)", a même tweeté Donald Trump, encourageant ainsi son parti à conclure un accord.

Quoiqu'il en soit, les démocrates ne quitteront pas le Congrès sans un accord, avait promis mardi la cheffe des démocrates à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi.

Nouvelle politique

La puissante Réserve fédérale vient de changer sa politique, face à cette situation sans précédent, afin de permettre plus facilement au pays de retrouver le plein emploi.

Elle permettra à l'inflation d'aller de façon temporaire au-delà de l'objectif de 2% annuels, sans augmenter ses taux, comme elle le prévoyait jusqu'à présent.

Ce changement majeur sera nécessairement évoqué par Jerome Powell, des précisions pourraient être données, mais les économistes pensent qu'il est trop tôt pour voir des décisions.

En revanche, il est fort peu probable que la Réserve fédérale se fende d'un commentaire sur l'élection présidentielle du 3 novembre, qui verra s'opposer Donald Trump et Joe Biden.

Rien ne devrait bouger non plus du côté des taux d'intérêt, qui sont habituellement le point central des réunions du comité monétaire.

Ils devraient rester dans une fourchette de 0 à 0,25% pendant plusieurs années, après avoir été abaissés en urgence en mars face à la propagation du Covid-19 aux Etats-Unis et à la mise en place des mesures de confinement.

Les prévisions économiques, que la Fed donne quatre fois par an, seront aussi scrutées de près, particulièrement dans le contexte de grande incertitude qui règne depuis le début de cette crise inédite.

Avant l'été, la Fed tablait sur un recul de 6,5% du produit intérieur brut des Etats-Unis en 2020, avant un rebond de 5% en 2021 et une hausse de 3,5% en 2022.

Côté chômage, elle projetait un taux de 9,3% en 2020, avant de tomber à 6,5% en 2021 et 5,5% en 2022.

Mais, les chiffres du mois d'août ont été meilleurs que prévu avec un taux de chômage réduit déjà à 8,4% contre un pic historique de 14,7% en avril.

Le PIB s'est, lui, contracté de 31,7% au deuxième trimestre en rythme annualisé.