Le ministre du Budget de la Fédération Wallonie-Bruxelles Frédéric Daerden (PS) a écarté jeudi tout retour à l'équilibre budgétaire pour la Fédération Wallonie-Bruxelles d'ici la fin de la législature en 2024, tout en se gardant toutefois de vouloir "laisser filer" les déficits. 

"Le retour à l'équilibre budgétaire en Fédération Wallonie-Bruxelles n'est pas à espérer à l'horizon 2024", a averti M. Daerden, interrogé jeudi en commission du Parlement par les députés Christophe Magdalijns (DéFI) et Jean-Pierre Lepine (PS).

Face aux nombreux défis à relever, notamment en matière d'éducation à la suite du Pacte d'excellence, le ministre a estimé que la Fédération ne pouvait se permettre d'avoir une "vision strictement budgétaire", et couper dès lors dans des dépenses "si importantes pour construire l'avenir".

Travaillant actuellement sur la confection du budget 2020 de l'entité, M. Daerden a confirmé qu'il prévoyait un déficit de 600 millions d'euros pour l'an prochain, un dérapage rarement atteint par l'entité par le passé. L'exercice 2019 devrait, lui, s'achever déjà sur un trou de quelque 520 millions d'euros.

S'il ne compte pas revenir à l'équilibre sous cette législature, le ministre du Budget a toutefois assuré ne "pas vouloir laisser filer les déficits" pour autant. "Cela n'aurait aucun sens et ce ne serait pas responsable", a jugé M. Daerden qui s'est fixé une balise: ne pas dépasser une charge d'intérêts annuels de la dette supérieure à 2% des recettes de la Fédéraration Wallonie-Bruxelles.

Le service de la dette de la Fédération tourne aujourd'hui autour de 200 millions d'euros, pour des recettes de quelque 11 milliards d'euros, soit un peu en dessous de ce ratio de 2% visé.

Devant les députés, M. Daerden a dit vouloir profiter des taux d'intérêt actuels historiquement bas pour mener une gestion "active" de la dette de la Fédération.

Fin 2018, cette dette était déjà estimé à quelque 7 milliards d'euros, en progression de plus de 20% sur cinq ans.

Dans l'opposition, Christophe Magdalijns a dit redouter un alourdissement dangereux de la dette de la Fédération. Si celle-ci équivaut aujourd'hui à 62% des recettes de la Fédération, elle pourrait passer, selon lui, à 90% de ces recettes d'ici la fin de législature. "Cela ne manquerait pas d'affaiblir notre institution", laquelle ne compte pas que des amis, a-t-il rappelé.