Le négociateur en chef de l'UE avec le Royaume-Uni, Michel Barnier, a affirmé ce mercredi aux Etats membres qu'un accord commercial avec Londres restait toujours incertain, à un mois de la fin de la période de transition post-Brexit, selon des sources européennes.

"Nous approchons rapidement du moment où ça passe ou ça casse", a affirmé un diplomate européen. "Ce matin, la capacité des négociateurs à surmonter leurs divergences n'est toujours pas claire", a-t-il ajouté.

"Barnier ne peut pas dire si les conditions pour un accord seront réunies dans les prochains jours", a renchéri une deuxième source, affirmant que les 36 prochaines heures, jusqu'à jeudi soir, seraient décisives.

La livre britannique s'inscrivait d'ailleurs en forte baisse ce matin face au dollar et à l'euro, pénalisée par le manque d'avancées dans les négociations entre Londres et Bruxelles sur un accord post-Brexit. Vers 10H15 GMT (11H15 à Paris), la livre reculait de 0,51% face au dollar, à 1,3352 dollar pour une livre, et de 0,39% face à l'euro, à 90,30 pence pour un euro.

Trois pommes de discorde

Il ne reste à Londres et Bruxelles que très peu de temps pour s'entendre sur un texte qui entrerait en vigueur le 1er janvier prochain, quand le Royaume-Uni cessera définitivement d'appliquer les normes européennes.

Les discussions entamées en mars butent toujours sur trois points : l'accès des pêcheurs européens aux eaux britanniques, les garanties réclamées aux Britanniques en matière de concurrence et la manière de régler les différends dans le futur accord.

© AFP

Sans accord à cette date pour régir leur relation, les deux parties échangeront en suivant les seules règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), synonymes de droits de douane ou de quotas, courant le risque d'un nouveau choc économique s'ajoutant à celui provoqué par l'épidémie de coronavirus.

Selon plusieurs sources européennes, les ambassadeurs de quelques Etats membres ont fait part à Michel Barnier d'une certaine "frustration", voire d'une "nervosité" face au surplace dans les négociations, en particulier les Etats les plus concernés par un accord sur la pêche avec le Royaume-Uni : la France, le Danemark, les Pays-Bas ou encore la Belgique.

Ces Etats craignent que l'UE n'accorde trop de concessions aux Britanniques afin de conclure enfin un accord.

Fluctuations de l'euro, de la livre et du dollar

"Les négociations s'éternisent", a résumé Neil Wilson, analyste chez Markets.com, qui rappelle que les cambistes continuent de tabler sur un accord. "Le couple dollar-livre sera extrêmement réactif à l'annonce officielle", d'un côté comme de l'autre, a-t-il prévenu.

"L'euro est désormais au dessus de 1,20 dollar, ce qui risque d'être une cause de maux de tête pour la Banque centrale européenne, étant donné que l'inflation est presque nulle en zone euro" et que l'euro a gagné 7,6% face au dollar en 2020, a souligné Michael Hewson, analyste chez CMC Markets.

© AFP

"C'est un risque de déflation sur les prix et cela va augmenter la pression sur la présidente de la BCE, Christine Lagarde", a-t-il ajouté.

La BCE doit se réunir le 10 décembre pour sa dernière réunion de l'année.