Les pays doivent "tout faire" pour promouvoir une reprise économique respectueuse de l'environnement après la pandémie de coronavirus, prône la directrice générale du Fonds monétaire international dans un discours prononcé à l'occasion d'une conférence virtuelle sur le climat. 

"Si cette reprise doit être durable - si notre monde doit devenir plus résilient - nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour promouvoir une +reprise verte+", a déclaré Kristalina Georgieva au Petersberg climate dialogue.

Ce forum, présidé cette année par le Royaume Uni, débat en mode virtuel pour cause de pandémie de Covid-19. Il se tient aussi alors que la pression monte sur les gouvernements, confrontés à la récession, pour qu'ils suscitent une reprise respectueuse de l'environnement.

Mme Georgieva souligne que prendre des mesures "dès maintenant" pour lutter contre la crise climatique, est incontournable" si nous voulons laisser un monde meilleur à nos enfants.

Elle préconise trois priorités: l'utilisation "judicieuse" du soutien public, la promotion de la finance verte et l'imposition d'une taxe carbone à "un juste prix", c'est-à-dire élevé.

"Lorsque les gouvernements fournissent des bouées de sauvetage financières aux entreprises à forte intensité de carbone, ils devraient exiger des engagements de réduction des émissions de carbone", a-t-elle insisté.

Elle a rappelé que cela est possible et que cela s'est produit dans le passé pendant la crise financière mondiale, "lorsque certains constructeurs automobiles se sont engagés à des normes d'efficacité énergétique plus élevées".

"Avec des prix du pétrole à des niveaux record, le moment est venu de sortir progressivement des subventions nuisibles", recommande-t-elle.

Elle appelle en outre les gouvernements à donner la priorité aux investissements dans les technologies vertes, les transports propres, l'agriculture durable.

Le FMI a chiffré que dans le seul secteur de l'énergie, une transition vers une faible intensité d'émissions carbone nécessiterait 2.300 milliards de dollars d'investissements annuels pendant une décennie.

S'agissant de la taxe carbone, la dirigeante rappelle la position du FMI: "un prix substantiellement plus élevé" pour accélérer la transition vers des carburants plus propres et une meilleure efficacité énergétique.

Le prix mondial de la taxe carbone n'est que de 2 dollars la tonne actuellement, "bien en-deçà des niveaux nécessaires pour maintenir le réchauffement climatique sous 2°C, que nous estimons à 75 dollars la tonne", a-t-elle rappelé.

Elle souligne l'argumentaire du Fonds: les recettes de la taxe sur le carbone peuvent être utilisées pour fournir une assistance aux ménages les plus pauvres, réduire les taxes lourdes et soutenir les investissements dans la santé, l'éducation et les infrastructures.

Le FMI table sur une récession mondiale de 3% cette année.