Le nombre important de ménages dans lesquels personne n'a d'emploi rémunéré a notamment fait augmenter les chiffres de la pauvreté. C'est ce que montre une nouvelle étude du Bureau fédéral du Plan. Le constat n'est pas nouveau, mais reste frappant. Malgré une conjoncture économique favorable jusqu'au début de 2020, une hausse de l'emploi et une baisse du chômage, la pauvreté ne recule pas dans notre pays. À ce titre, la Belgique fait figure d'exception en Europe.

Le constat vaut pour l'ensemble de la population : entre 2003 et 2014, le risque de pauvreté a fluctué autour de 15 %, pour atteindre 16,4 % en 2017. Il s'agit du niveau le plus élevé jamais mesuré. Le risque de pauvreté augmente particulièrement chez les moins de 60 ans, passant de 13 % en 2003 à 16,5 % en 2017. Cela concerne principalement les familles monoparentales, les personnes ayant au plus un certificat d'enseignement secondaire inférieur et les personnes de nationalité non européenne. Le risque de pauvreté chez les enfants augmente également de manière "alarmante", selon le Bureau du Plan. Le risque de pauvreté à long terme chez les enfants de moins de 17 ans a plus que doublé entre 2006 et 2017.

Mais la principale raison pour laquelle la pauvreté ne recule pas chez les moins de 60 ans est la forte augmentation de ce risque chez les "ménages sans emploi", c'est-à-dire les ménages où personne n'a de travail rémunéré. Malgré la hausse de l'emploi et la baisse du chômage, ce groupe reste stable. En 2017, 12,6 % de la population de moins de 60 ans vivait dans un ménage sans emploi. Le risque de pauvreté dans ce groupe de ménages est passé de 49,8 % en 2003 à 71,9 % en 2017.

Le Bureau du Plan souligne en particulier le grand nombre de personnes seules parmi ces ménages pauvres en travail, souvent associées à des problèmes de santé chroniques.