Ce mardi, les treize membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) reprennent leurs discussions pour tenter d'arrêter une position commune sur leurs quotas de production.

Aucune réunion avec l'ensemble des ministres n'est prévue comme ce fut le cas ce lundi, mais "plutôt des échanges informels", a indiqué une source de l'organisation à l'AFP.

Après environ quatre heures de conclave par visioconférence, le cartel avait choisi de remettre ses pourparlers à ce mardi, une option interprétée comme un signe de désaccord au sein du groupe par les observateurs de marché. La surprise est d'autant plus grande que, pour nombre d'entre eux, la décision semblait jouée d'avance.

En revanche, la seconde partie des discussions réunissant l'Opep et ses 10 alliés de l'Opep+ (parmi lesquels on retrouve le Mexique mais surtout la Russie) a été repoussée à jeudi. Ce retard "reflète les questions qui restent à régler", a commenté Ann-Louise Hittle, de Wood Mackenzie.

Dépendance à un vaccin

En avril, il avait initialement été prévu de faire revenir sur le marché près de 2 millions de barils quotidiens supplémentaires dès janvier 2021. Face à une fin d'année entravée par une deuxième vague de Covid-19 dans de nombreux pays, cette décision semble désormais prématurée pour beaucoup d'acteurs.

Toutefois, la récente remontée des prix du brut (de l'ordre de 25% depuis le début du mois), portée par les annonces de laboratoires pharmaceutiques comme AstraZeneca, Pfizer/BioNTech ou Moderna au sujet d'un prochain vaccin contre le Covid-19, pousse certains participants à l'optimisme et donc à s'accrocher au calendrier en vigueur.

D'autant que les coupes volontaires représentent un effort pénible pour les recettes des producteurs, même si ces réductions ont contribué à faire repartir les prix à la hausse.

"Si certains considèrent que le marché est encore trop fragile pour accepter davantage de barils, d'autres sont désireux d'augmenter la production et de tirer le meilleur parti de la hausse des prix", a résumé Avtar Sandu, analyste de Phillip Futures.

Les deux cours de référence du brut, le Brent de Mer du Nord et le WTI américain, restaient calmes face à ces rebondissements, dont le cartel est finalement assez coutumier. Ils étaient proches de l'équilibre en début de séance européenne, après avoir cependant perdu un peu de terrain la veille.