Le CEO d'Eneco Belgique, Jean-Jacques Delmée, dénonce mardi dans une lettre ouverte, une "surabondance" de l'offre d'énergie électrique d'origine nucléaire et ce, au détriment des énergies renouvelables. 

Selon lui, au moment où la crise sanitaire est devenue la préoccupation principale, une autre crise, énergétique, "passe sous silence".

"L'offre d'énergie électrique d'origine nucléaire est surabondante, à un tel point qu'Eneco doit mettre à l'arrêt une grande partie de ses 104 éoliennes faute d'une volonté claire de moduler ou de mettre à l'arrêt les centrales nucléaires, et ce, en vue d'éviter une production excessive. C'est comme si on vous interdisait de consommer des légumes bio cultivés localement, alors que les grands producteurs inondent le marché sans aucune retenue", déplore le CEO du fournisseur d'énergie, pour qui cette situation "réduit à néant" toutes les ambitions durables d'Eneco Belgique. 

Dans sa lettre adressé aux "dirigeants" et "experts en énergie" du pays, Jean-Jacques Delmée estime qu'avec les conditions météorologiques (vent et soleil) de ces dernières semaines, les énergies renouvelables pourraient répondre à la moitié de notre consommation d'énergie. "Certains diront que grâce à l'acteur traditionnel du marché, il y a quand même un approvisionnement stable d'une quantité continue d'énergie nucléaire. Mais la crise sanitaire démontre surtout qu'en raison de sa rigidité, la production nucléaire prime sur les énergies vertes, énergies renouvelables du futur", poursuit le CEO, pour qui "nos enfants seront les dupes de cet immobilisme."