L'Institut des comptes nationaux (ICN) publiait ce lundi son rapport biennal (avril et octobre) sur la santé des finances publiques de la Belgique. Et sans grande surprise, il s'est fortement détérioré en 2020. "Les mesures de soutien aux entreprises et aux ménages ont grevé le déficit public, qui s’est établi à 9,4 % du PIB. Sous l’effet combiné du déficit élevé et du recul du PIB, la dette publique a bondi à 114,1 % du PIB", informe l'ICN.

Des résultats qui, s'ils étaient attendus et dans la lignée des autres pays européens, n'en restent pas moins préoccupants. Les nombreuses mesures de soutien liées à la pandémie n'y sont bien sûr pas étrangères. "La dégradation du solde de financement est imputable à la fois aux mesures budgétaires mises en place par les autorités publiques pour faire face à la crise du COVID-19 et à la contraction de l’activité économique. Les recettes ont reflué de près de 10 milliards d’euros, tandis que les dépenses ont considérablement progressé, de plus de 22 milliards", continue l'Institut.

Du jamais vu depuis plus de vingt ans

"La dette publique (définition de Maastricht) a atteint 114,1 % du PIB à la fin de 2020, ce qui représente une augmentation de 16 points de pourcentage par rapport à 2019. Un tel niveau d’endettement n’avait plus été observé depuis plus de vingt ans, même s’il reste en deçà du pic de plus de 130 % du PIB enregistré en 1993. L’effet de la contraction du PIB sur le taux d’endettement est particulièrement important en Belgique compte tenu de l’ampleur de celui-ci préalablement à la crise. Ainsi, si le PIB était resté au même niveau que celui de 2019, la dette se serait établie à 108,1 %", détaillent encore les auteurs du rapport.