Au tour de la FGTB de livrer son traditionnel baromètre économique annuel. Premier constat : d’après leur service d’études, les salaires réels (avec comme référence les chiffres d’Organisme international du travail, OIT, sur la base des salaires horaires) ont régressé en Belgique d’année après année depuis 2015. De -0,5 % en 2015, -1 ,5 % en 2016, -0,3 % en 2017 et -0,1 % en 2018. Ces salaires ne sont pas à confondre avec les revenus disponibles (plus globaux, mais qui ne tiennent pas compte de l’évolution du coût de la vie) qui, eux, ont légèrement augmenté en 2018. Pour la FGTB, refrain connu, malgré l’indexation automatique des salaires, l’inflation au sens large des prix (accises, TVA compris) a raboté la hausse brute des revenus. Globalement, la pauvreté évolue dans le même sens. Globalement, en 2018, 16,4 % de la population belge représentait un risque de pauvreté, en augmentation sensible par rapport à 2014 (14,7%).

Le risque de pauvreté en hausse en 2018

Au passage, le syndicat socialiste rappelle que les dividendes et bénéfices des sociétés ont cru de manière vertigineuse (+216 % pour les dividendes de 1996 à 20017).

Autre constat, pour le dire de manière « grossière » : les riches sont plus riches, et les pauvres plus pauvres. On assiste selon la FGTB à une lente érosion de la classe moyenne. Sur la base d’un revenu médian, en 2018, de 3200 euros, la Belgique voit la classe des « pauvres » et « moyenne inférieure » atteindre près d’un tiers de la population globale. Au cours des 10 dernières années, note la FGTB, et ce constat ne ferait qu’empirer récemment, le nombre de travailleurs pauvres (qui gagnent donc moins de 60 % de ce revenu médian de 3200 euros) a augmenté de près de 16 %. Au passage, le syndicat a ausculté les entreprises avec et sans défense des travailleurs, et a constaté que la concertation sociale payait (moins de maladies, moins de discriminations, etc.)

Repli des cotisations sociales

Enfin, la FGTB, dans on baromètre met l’accent sur la sécurité sociale. Outre le fait que la valeur « salaire minimum » diminue (tiens, tiens, le sujet est précisément en phase finale de négociation entre partenaires sociaux). Ce ne s’explique pas seulement par l’explosion ces dernières années des incapacités de travail et des burnouts. « Le financement de notre sécurité sociale est sous pression », explique le syndicat. « Les cadeaux aux employeurs sous forme de réductions de cotisations patronales, la précarisation de l’emploi et le recours à des formes de salaires exonérées de cotisations minent les recettes de la Sécu ». Entre 2016 et 2018, les cotisations patronales ont été réduites de 32,4% à 25% suite au tax shift, d’après la FGTB qui rappelle que le Bureau du Plan a chiffré le coût à 5,8 milliards d’euros. « Selon le Comité de gestion de la sécurité sociale, le déficit de la Sécu grimperait à 6,3 milliards d’euros d’ici 2024 car la dotation d’équilibre ne sera plus garantie à partir de 2021 ». Pour la FGTB, il n’y a pas de secret, il « faut aujourd’hui une autre approche du concept ‘travail’ ». C’est pourquoi la FGTB propose d’instaurer une réduction collective du temps de travail. « C’est le seul moyen, à court terme, susceptible d’améliorer l’équilibre vie professionnelle/vie privée et d’octroyer, via de meilleures négociations collectives, davantage d’autonomie aux travailleurs, pour que la sécurité et le bien-être psychique soient prioritaires », conclut la FGTB