Conjoncture

Le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé lundi, au Forum économique mondial de Davos, avoir abaissé ses prévisions de croissance mondiale pour 2019, prenant acte de la persistance des tensions commerciales et de la montée des risques politiques.

Il table désormais sur une croissance de 3,5% cette année, soit 0,2 point de moins que sa précédente estimation d'octobre qui avait déjà été abaissée. S'il laisse inchangées les estimations d'expansion pour les deux premières puissances --Etats-Unis et Chine-- et revoit en hausse la prévision du Japon, le Fonds se montre bien plus pessimiste pour la zone euro (1,6% contre 1,9% estimée précédemment).

En Europe, l'Allemagne subit la plus forte révision en baisse avec une croissance attendue désormais à 1,3% (-0,6 point), suivie de l'Italie (-0,4 point à 0,6%) et de la France (-0,1 point à 1,5%). La première pâtit d'une faible production industrielle dans le secteur automobile, la deuxième d'une faible demande intérieure combinée à des coûts d'emprunts plus élevés et la troisième subit "l'impact négatif des protestations" sociales qui durent depuis plus deux mois.


Le rôle du Brexit pour le Royaume-Uni

Le FMI a appelé lundi Britanniques et Européens à mettre fin "impérativement" aux incertitudes entourant le Brexit, estimant que cette situation avait déjà pesé sur les investissements au Royaume-Uni.

"Il est impératif que les dirigeants politiques mettent rapidement un terme à cette incertitude" sur le Brexit, a déclaré la nouvelle cheffe économiste du Fonds monétaire international (FMI), Gita Gopinath, lors d'une conférence en amont du World Economic Forum (WEF) à Davos.

"Nous avons déjà perçu les effets négatifs de cette incertitude dans les investissements britanniques", a-t-elle ajouté, rappelant des chiffres publiés en novembre par le Fonds sur l'impact d'un Brexit sans accord pour le Royaume-Uni.

"Cela signifierait un recul à long terme de 5 à 8% du PIB. Ce serait vraiment significatif", a prévenu Mme Gopinath.

Les députés britanniques ont rejeté la semaine dernière l'accord sur le Brexit que la Première ministre, Theresa May, avait eu tant de mal à négocier avec l'Union européenne. Mme May va tenter de rallier lundi les députés derrière son "plan B" pour cet accord.

Le FMI souligne néanmoins ne pas avoir abaissé un peu plus la prévision de croissance pour le pays grâce aux mesures pour stimuler l'économie "annoncées dans le budget 2019"


Une conséquence des Gilets jaunes pour la France

Le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé lundi, à Davos, avoir abaissé légèrement la prévision de croissance 2019 pour la France, conséquence de la fronde des "gilets jaunes" qui dure depuis plus de deux mois.

L'institution de Washington, qui participe au Forum économique mondial où le président français Emmanuel Macron a annulé sa participation, table désormais sur une croissance de 1,5%, soit une baisse de 0,1 point par rapport à son estimation d'octobre, "en raison de l'impact négatif des protestations".

Le Fonds a également abaissé la prévision d'expansion pour l'économie mondiale (-0,2 point à 3,5%) et de la zone euro (-0,3 point à 1,6%) avec des baisses encore plus marquées pour l'Allemagne (-0,6 point à 1,3%) et pour l'Italie (-0,4 point à 0,6%).

© AFP