Pour soulager les pays pauvres en difficulté face à la pandémie de Covid-19, les ministres des Finances et chefs de banques centrales du G20 avaient mis en place un dispositif de suspension du service de la dette de ces pays pour 2020, prolongé le mois dernier jusqu'en juin 2021.

La Banque mondiale et des ONG plaidaient pour un renouvellement d'au moins un an, avec certains militants demandant même une annulation de la dette des pays les plus pauvres.

Le "cadre commun" pour rééchelonner ou réduire la dette se fera selon une "approche au cas par cas", ont annoncé vendredi les ministres des Finances et chefs de banques centrales du G20 dans un communiqué.

"En principe, le traitement de la dette ne se fera pas sous la forme d'une annulation de la dette", ont-ils prévenu à l'issue d'une réunion virtuelle organisée par l'Arabie saoudite, qui préside cette année le G20.

Mais le nouveau cadre prévoit toutefois une coopération renforcée des créanciers dans "les cas les plus difficiles (où) l'annulation ou l'élimination de la dette est nécessaire".

Soixante-treize pays sont éligibles à la restructuration de leur dette dans le cadre de l'initiative du G20, dont 38 en Afrique subsaharienne. Quarante-six pays ont bénéficié du moratoire jusqu'à présent.

Le ministre français de l'Economie, Bruno Le Maire, a salué un accord "historique".

"Pour la première fois, tous les principaux créanciers bilatéraux (...) traiteront de façon coordonnée la dette des pays plus pauvres", a-t-il déclaré.

"Cela apportera plus de transparence dans le processus d'allégement de la dette et impliquera les créanciers privés", a ajouté le ministre.

L'initiative est "loin d'être suffisante pour faire face à la vague de crises de la dette dans les pays les plus pauvres", a toutefois regretté Tim Jones, responsable politique de l'ONG britannique Jubilee Debt Campaign.

Le mois dernier, la Banque mondiale a déclaré que la dette des 73 pays les plus pauvres du monde avait augmenté de 9,5% l'année dernière pour atteindre un montant record de 744 milliards de dollars.

Le fardeau de la dette de ces pays envers les créanciers publics, dont la plupart sont des Etats du G20, a atteint 178 milliards de dollars l'année dernière, avec 63% de ce montant revenant à la Chine.